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On ne présente plus le VIème, on le relit comme un livre ouvert. Du Lutétia à Saint-Germain-des-Prés en passant par l’Odéon, le quartier le plus littéraire du monde (et l’un des plus chers) est le nombril de Paris.
Christian Rol et Sabine Corvec
09H30 : Place Saint-Germain des Prés.
La tour-clocher carrée de l’église Saint-Germain-des-Prés se dresse au carrefour de toutes les légendes littéraires que les touristes étrangers épris d’existentialisme approximatif chercheront en vain. A la terrasse du Flore et des Deux magots, Sartre, Juliette Gréco et Beauvoir (et tant d’autres moins bien gâtés par le marketing) ont laissé leur place à des « People » éphémères que notre pudeur empêchera de désigner. Seul génie vivant des environs, Fabrice Luchini pose parfois son séant et son regard lunaire dans l’une ou l’autre de ces brasseries où le prix du petit crème est à la hauteur des grosses légumes impétrantes qui, comme nous, goûteront les décors surannés chargés de libations littéraires. D’ailleurs, les jeunes écrivains assoiffés ne seront pas dépaysés : le Prix de Flore, créé en 1994, récompense les talents prometteurs qui se voient dotés de 6 000 Euros et d’un verre de Pouilly fumé offert tous les jours pendant un an. Voilà enfin une excellente raison d’écrire !
6, place St-Germain-des-Prés - 172, bld St-Germain-des Prés - M° Saint-Germain-des-Prés.
10H00 : Autographes.
A quelques mètres de là, la rue Bonaparte prolonge la vocation littéraire d’un quartier qui ne néglige pas néanmoins les antiquaires. Derrière la vitrine mondialement connue de La Librairie de l’Abbaye, Jacques-Henri Pinault conjugue, affable, ces deux activités en proposant aux collectionneurs, musées et fondations ses catalogues qu’on compulse aux quatre coins de la planète. Et pour cause ! Des lettres signées Napoléon Bonaparte, des missives hargneuses de Céline, des témoignages de mépris estampillés Chateaubriand, des correspondances de Flaubert à Victor Hugo, des chatteries de Gide à quelque « correspondant » délaissé et des lettres de cachet rédigées par Louis XIV composent une infime partie du trésor manuscrit entassé depuis un siècle dans les malles de monsieur Pinault, expert honoraire auprès de la Cour d’Appel et référence mondiale. « La librairie Pinault a été fondée par mes parents en 1917 au 36, rue Bonaparte que nous possédons encore. Je me suis passionné très tôt pour les livres anciens et plus encore pour les autographes d’artistes, d’écrivains ou de monarques. » La valeur marchande d’un tel « stock » est à peu près inestimable même si une lettre de Louis XVI peut monter jusqu’à 11 500 Euros et qu’un cambriolage récent, malgré toutes les mesures de sécurité, a vu 70 000 Euros de « marchandise » s’évanouir dans la nature. « L’Empire est très demandé par les collectionneurs d’autographes mais ce sont les livres anciens qui ont attiré chez moi tous les présidents de la République ou presque. François Mitterrand venait souvent et ses derniers achats furent des pamphlets politiques anciens qu’on appelait des « mazarinades ». « Tout l’intérêt de mon métier est de toucher à l’intimité d’un personnage illustre. Son écriture, son style et sa correspondance livrent bien des secrets qui n’ont rien à voir avec la graphologie », science inexacte s’il en est. « Notre science à nous est un apprentissage de toute une vie et à mon âge j’apprends encore. Notamment grâce à la correspondance de Debussy sur laquelle je suis en train de travailler.» Historien par la force des choses et par goût, esthète par définition et, plus généralement, homme de grande érudition, Jacques-Henri Pinault est un puits de science et aussi un témoin du VIème arrondissement où il naquit en 1929. « J’ai connu le quartier quand les concierges sortaient sur le pas de la porte pour tricoter et papoter. J’ai connu trois générations d’écrivains et d’artistes. Sartre habitait à côté qu’on croisait tous les jours. Je me souviens de Colette et de son accent bourguignon qui raisonnait dans la boutique de mes parents. Bref, le VIème était un condensé d’intelligence et de culture qui me ferait presque dire qu’il est le berceau de notre civilisation ». Pour les amateurs d’histoire politique, un morceau de bravoure signé Aragon en mai 1968 qui vaut son pesant d’or (2 650 € très exactement) où le poète communiste délire parfaitement en comparant le gaullisme aux abois au « fascisme italien » et à une « entreprise totalitaire ». Belle clairvoyance qu’on ne comparera pas à celle d’un Chateaubriand inspiré qui répond à un critique mal léché que la « postérité seule prononce la sentence qui permet aux écrivains de passer le Styx, insouciant du port, je suis résigné d’avance au naufrage… ».
27, 36, rue Bonaparte (6ème) - Tél. : 01 43 54 89 99 - E-mail : abbaye-pinault@wanadoo.fr - M° Saint-Germain-des-Prés.
11H00 : De la place de Fürstenberg aux galeries d’art, rue Guénégaud.
Dans ce périmètre de poche, la surenchère de beautés architecturales tient à la fois du livre d’art et de l’ouvrage historique. La charmante et minuscule place de Fürstenberg, percée au XVIIème siècle par l’abbé du même nom, regarde le palais abbatial (3, rue de l’Abbaye) qui abrite l’Institut d’études augustiniennes. Le petit musée Eugène Delacroix (6, rue de Fürstenberg) n’est autre que la maison où résidait le maître dont on admirera aquarelles, études, dessins et esquisses en appréciant le calme du jardin. En remontant nonchalamment vers la Seine, les rues de Seine et Mazarine affichent la couleur locale : artistique quoique discutable. Le bastion séculaire des galeristes de tout poil oscille entre tous les « ismes » disponibles (cubisme, fumisme, ésotérisme, snobisme et éthylisme) qui feront la joie des petits et des glands. Mais ne chargeons pas trop la barque et faisons escale dans les galeries de la rue Guénégaud où Just et Anne Jaeckin d’une part, et Béatrice Soulié d’autre part redonnent à l’Art contemporain une visibilité bienvenue. Just Jaeckin, l’immortel créateur du film Emmanuelle a confié à la délicieuse Douchka Pajovic ses œuvres et celles de son épouse qui consistent en de jolis bronzes sensuels et des plexis à la gloire de Jane Fonda..« Cela fait sept ans que nous sommes ici dans cet atelier-vitrine au cœur du quartier le plus agréable de Paris. Tous les matins je me réjouis de travailler ici et de rencontrer les autres galeristes, tous genres confondus. Quant à Just Jaekin, je n’ai qu’à louer sa grande simplicité malgré le succès phénoménal de ses films, son grand cœur et son talent ». Dans un registre différent, celui de l’Art singulier, Béatrice Soulié expose les œuvres originales de créateurs qui ne le sont pas moins. Et notamment Pétra Werlé, sculpteuse sur mie de pain, qui façonne des personnages entre fromage et dessert, entre farfadets et fées Carabosse. Telle autre Sabrina Gruss reprend les gestes ancestraux de la préhistoire pour assembler les os des lapins, hérissons, porcs-épics, etc. qui renaissent sous la forme de sujets époustouflants de vérité et d’imagination. « J’aime beaucoup la notion de travail, de labeur. Le carré blanc sur fond blanc ne m’intéresse pas. Ce que j’attends de mes artistes c’est qu’ils soient vivants et me racontent une histoire avec leurs mains ; et que chaque pièce exposée soit unique ». Seule galeriste parisienne d’Art singulier, Béatrice Soulié est loin d’être prophétesse en notre pays qui n’aime rien tant que l’avant-garde absconse (et caduque depuis Deschamps) ou l’académisme répétitif. « Je suis la seule galeriste d’Art singulier à Paris. C’est surtout en Suisse que cette forme d’art a un écho ; et bien sûr à New York et Chicago. Travailler dans le VIème est pour moi une évidence et un plaisir. D’abord, parce que c’est le quartier historique des galeries d’art. Même s’il y a aujourd’hui beaucoup de bêtises, nous baignons quand même dans un bouillon de culture unique au monde. Sans parler de la qualité de vie incomparable ».
Galerie Anne et Just Jaeckin, 19, rue Guénégaud (6ème) - www.jaeckin.com - E-Mail : just.jaekin@wanadoo.fr
Galerie Béatrice Soulié, 21, rue Guénégaud - Tél. : 01 43 54 57 01 - 06 63 64 22 81 - beatricesoulie@free.fr - www.galeriebeatricesoulie.com - M° Odéon
13H00 : L’estomac dans les talents.
Dans le labyrinthe des ruelles où nous nous situons - entre le quai Conti et Odéon - la quête d’une table convenable semble n’être qu’une formalité tant la concentration de restaurants (et de clients) est grande. Cette recherche est aussi l’occasion de (re)découvrir le passage Dauphine et son charmant salon de thé ( L’heure gourmande au 30, rue Dauphine) ou la Cour du Commerce Saint-André (M° Odéon) ornée de la splendide façade du restaurant Le Procope (à éviter les 31 décembre au soir !).
13H30 : Gérard Mulot, boulanger des stars.
En traversant le boulevard Saint-Germain comme on franchirait le Jourdain, nous retrouvons la vaste boulangerie de Gérard Mulot, la coqueluche des vedettes des environs qui se ruent, comme nous, sur ses macarons au beaujolais, et plus généralement, sur l’ensemble de sa collection de pâtisseries rutilantes. « Je me suis installé dans le VIème, ici même, en 1975, et je me suis agrandi petit à petit. Je me suis toujours plu dans ce quartier. Il est vivant, élégant et bohême. Mais la sociologie a beaucoup changé. Il y a trente ans, il y avait beaucoup de grandes familles avec six à huit enfants. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Les loyers et le mètre carré sont beaucoup trop chers ». Ces arguments n’ont pas découragé Catherine Deneuve, fidèle cliente, de venir en voisine de la place Saint-Sulpice pour une Charlotte aux fraises des bois. Pierre Arditi, Richard Borhinger, Daniel Auteuil et d’autres représentants de l’humanisme pâtissier sont abonnés à cette adresse incontournable à laquelle François Hollande (un autre habitué) doit sans doute son embonpoint (et ses mauvais points). Une centaine d’employés se partagent les différentes tâches qui occupent des journées de 24 heures et fournissent les dizaines d’hôtes alentours, le Sénat, et alimentent diverses réceptions très parisiennes. Une belle consécration pour Gérard Mulot, vosgien d’origine qui fit son apprentissage à quatorze ans avant de « monter » à Paris et de s’initier aux succulences de la pâtisserie haut de gamme.
76, rue de Seine - Tél. : 01 43 26 85 77
13H45 : Dent pour dent au « Bon Saint Pourçain ».
Une ruelle calme entre le Sénat et l’église Saint-Sulpice inscrit l’auberge « Au Bon Saint Pourçain » à son patrimoine. L’éternelle carte gravée à la craie sur un tableau noir et le patron bougonnant qui houspille sa clientèle huppée flattée de tant de « simplicité » n’ont rien de très original mais la cuisine est honnête et accessible ; et tranche sur les cantines d’étudiants et les pièges à touristes qui sont ici légion. A découvrir pour la cave et le petit salé. Menu à 25 €.
10 bis, rue Servandoni (6ème) - M° Odéon, Mabillon.
15H00 : Place Saint-Sulpice.
La place Saint-Sulpice présente le grand inconvénient d’être souvent encombrée de travaux dont on ne perçoit pas toujours la finalité. Quelques grands couturiers et des éditeurs inégaux en cernent l’église (qu’on visitera pour sa très belle crèche de Noël) alors que l’indéboulonnable Café de la Mairie offre un très bon poste d’observation sur les allées et venues de la gentry locale. L’acteur Vincent Lindon y apparaît parfois ainsi que le sulfureux Alain Soral ou bien encore le pape de l’édition, Patrick Besson. Les jolies femmes et les vilains guéridons consacrent définitivement le charme discret de ce troquet sympathique où quelques belles scènes du film La Discrète, avec Luchini dans le rôle principal, furent tournées.
15H30 : Sculpture sur ivoire.
Le retour à la rue Bonaparte (qui donne sur Saint-Sulpice) est un retour aux sources. Celui de l’atelier du facétieux Jean-Pierre Heckmann, dernier sculpteur sur ivoire en France et témoin de son siècle. « Je suis né dans la boutique de mes parents, ici même, il y a 80 ans et depuis l’âge de quinze ans, je n’ai pas cessé de travailler l’ivoire ». Cinq années aux Beaux-Arts, avec, pour condisciple et ami le sculpteur iconoclaste César), et la formation paternelle autoriseront Heckmann à devenir l’un des plus grands sculpteurs sur ivoire de notre pays. En tout cas l’un des plus demandés puisque du Vatican aux diverses présidences du monde, son talent sera mis à contribution. « Aujourd’hui que tous les métiers d’art disparaissent à cause de l’omnipotence de l’Etat, du prix des pas de porte et charges, je ne fais plus que de la restauration. En plus, en raison de la Convention de Washington de 1973, on ne peut plus importer d’ivoire récent, ce qui a largement pénalisé notre art. La sculpture sur ivoire remonte bien sûr aux temps préhistoriques. D’ailleurs, en Sibérie, on trouve toujours des milliers de tonnes de défenses de mammouths qui sont revendues par les Russes aux Chinois et aux Japonais. » A l'exception de deux anciennes défenses d’éléphants relégués dans un coin, l’artiste prisé par les grands de ce siècle en est réduit à travailler sur des chutes qui s’entassent dans des boîtes. « A la grande époque, quand j’ai pris la succession de mon père, il y a une quarantaine d’années, l’Elysée puisait dans les fonds secrets pour nous commander des pièces uniques qui feraient un excellent cadeau diplomatique. » Cet âge d’or révolu n’empêche pas l’atelier de crouler sous les commandes (de restauration) de la part des propriétaires de chinoiseries ou de japonaiseries délicates. Quelques beaux crucifix de sa création (à 7 000 Euros) ornent les murs de la boutique qui jouxte le minuscule atelier où officie son propre fils sur le point de prendre sa succession. « On fera comme les autres. On vendra le magasin à un marchand de fripes. Et il ne faudra pas compter sur les élèves des Beaux-Arts de la nouvelle génération pour prendre le relais des métiers d’art. L’an dernier, je suis allé faire un tour à l’école de ma jeunesse ; je n’ai pas vu un seul dessin. En revanche, j’ai vu des tuyaux de plomb soudés et des boîtes de conserve décorées. Au moins, mon ami César, lui, savait dessiner. Il a simplement su monnayer le snobisme qui imposait de faire n’importe quoi. » Entre l’art et le cochon, monsieur Heckmann demeure dans sa tour… d’ivoire.
57, rue Bonaparte - 01 43 54 71 09 M° Saint-Sulpice
16H30 : Mamma Fashion
Un conseil d’ami : épargnez-vous la rue de Rennes, sa multitude et ses boutiques de fringues sans le moindre intérêt et retraversez prestement le boulevard Saint-Germain pour sillonner à l’envie le carré compris entre les quais Malaquais, Conti et Grands Augustins. Enchevêtrement d’histoire et de boutiques rivalisant de beautés hautaines (qui vous prendront logiquement de haut), ce triangle d’or est la quintessence de Paris. Rue des Grands Augustins, l’hôtel particulier où vécut Picasso est aussi le théâtre d’une nouvelle de Balzac. La courte rue Christine compte au moins trois excellents restaurants et un bel hôtel de charme alors que l’impasse de Nevers qui donne dans la rue de Nesle nous ramène au Moyen Age : elle est aussi sale qu’à l’époque de la Tour du même nom. Seule boutique à percer les ténèbres de ces temps féodaux, Mamma Fashion installée depuis un an par Sara Panichi et gérée par Marie. Ici, les femmes enceintes trouveront toutes les collections européennes introuvables ailleurs. « Je vais un peu partout en Europe pour proposer aux futures mamans des marques et des styles différents adaptés à toutes les circonstances » nous explique Sara. Mais pourquoi un choix commercial aussi « étrange » que celui d’une ruelle à l’écart du XXIème siècle ? « C’était le seul endroit disponible et en même temps une idée originale propre à séduire. Nous sommes là dans le très vieux Paris mais en même temps dans un endroit très calme prompt à séduire des femmes qui en ont besoin. Une femme qui attend un bébé a, par définition, besoin de plénitude. La rue de Nevers est donc parfaitement indiquée ». Souvenons-nous enfin que cette rue à l’architecture pratiquement inchangée depuis plus de cinq siècles fut, à l’angle de la rue Dauphine, la dernière « expérience » in vivo du physicien Pierre Curie, mort écrasé par un fiacre en 1906.
Mamma Fashion : 17, rue de Nevers - Tél. : 01 46 34 89 37 - www.mammafashion.com. M° Pont neuf
17H30 : Sur les Quais…
En débouchant sous les arcades qui achèvent la rue de Nevers côté Seine, s’ouvre la perspective de l’île de la Cité, magnifique et royale, accessible par le Pont Neuf. Le dilemme qui vous attend se situe entre l’Institut qui abrite l’Académie Française interdite au public – qui ne verra hélas ! pas des vieillards endormis introduire dans le dictionnaire un sabir « jeune » – et le restaurant La Pérouse. Faute de notes de frais conséquentes, nous nous contenterons d’admirer les boiseries sculptées de la façade de cette cantine prestigieuse où les grands (et les petits - Alain Minc y aurait son rond de serviette) de ce monde échangent des conciliabules la bouche et les poches pleines.
La Pérouse : 51, Quai des Grands Augustins - Tél. : 01 43 26 68 04 - M° Saint-Michel
18H00 : L’art de plaire.
Retour dans les entrailles du VIème et particulièrement aux abords de la rue Jacob et Bonaparte. Bien sûr, la rue des Beaux-Arts ne porte pas toujours très bien son nom (pourquoi continuer à vendre des dessins d’école maternelle plusieurs milliers d’Euros ?) mais elle porte bien son âge. Au n° 13, une plaque nous signale que l’ombrageux Jean-Louis Borges a séjourné dans l’unique hôtel de cette artère ; où mourut également le très « gai » Oscar Wilde après avoir connu les geôles de la victorienne Angleterre pour des mœurs que l’époque ne tolérait pas. De l’art encore à l’Ecole Nationale (14, rue Bonaparte) dont on appréciera la fameuse Cour du Mûrier, sorte d’atrium antique aux arcades, à la fontaine centrale et aux statues très athéniennes (bien que datant du XIXème siècle). La population estudiantine locale semble prendre la condition d’artiste très au sérieux (mines compassées et conversations savantes autour de la pissotière de Marcel Duchamp) et on ne songera pas à l’en blâmer. Même si l’essentiel de l’art en question consiste à revêtir l’uniforme « bohême » du jour (veste de treillis trouée et jeans informes). Rien de nouveau depuis un demi-siècle… En déambulant dans les coursives qui relient les salles de classes, vous apercevrez peut-être une jeune femme (ou un jeune homme) nu(e) en train de poser pour les disciples de Rodin ou Fragonard (visiblement inconnus au bataillon quand on voit les sujets de fin d’études). Voilà enfin l’expression du seul art qui vaille : celui de plaire.
Ecole Nationale des Beaux-Arts, 14, rue Bonaparte. M° Odéon ou Mabillon.
19H00 : L’Ecole du Soir…
La nuit sied parfaitement à Saint-Germain-des-Prés qui l’a pratiquement inventée ; alors que Antoine Blondin l’a si drôlement décrite dans « Monsieur Jadis ou l’Ecole du soir ». Les vitrines scintillent et la foule est dense, et danse chez Castel, ou dîne chez Lippe. Pour conjuguer le bouche à oreille, la Cave des Cordeliers est la meilleure adresse qui soit. Ces anciennes caves utilisées jadis par les moines franciscains qui développèrent l’art du vin en Europe voisinent avec l’immeuble où Marat fut assassiné par Charlotte Corday (méfiez-vous des femmes et des baignoires !). Aujourd’hui, les moines et Charlotte ont laissé la place à des dîner-concerts pleins de rythmes, d’étudiants et de touristes en goguette. Oubliez la gastronomie et préférez-lui l’ambiance. La meilleure des environs. Bonnes fêtes…
9, rue de l’Ecole de Médecine - Tél. : 01 43 29 39 00 - M° Odéon.
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