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Un sommelier en quête d'espace
Thibault Nicolet


A vingt -six ans, Thibault Nicolet a quitté Londres où il était sommelier dans le prestigieux restaurant Spoon pour s’installer à Damas où il compte ouvrir une cave à vin.

Propos recueillis par Christian Rol

Cigale : Comment en vient-on à quitter une place de sommelier dans un restaurant londonien cornaqué par Alain Ducasse pour s’installer à Damas ?
Th. Nicolet : Il y a plusieurs raisons à cela : d’abord, j’ai le goût des voyages et des langues étrangères. A cela s’ajoute le fait qu’une partie de ma famille vit à Damas. Enfin, mon intérêt pour le vin et les opportunités qui se présentent ici sont des arguments importants.

Et pourquoi ne pas avoir choisi la France ?
J’ai travaillé un peu à l’Entrepôt dans le XIVème à Paris et je ne le regrette pas mais ce n’est pas dans le XIVème que je pouvais apprendre l’Arabe…. Mon vœu est de me fondre dans la société syrienne, d’en maîtriser les codes et d’y vivre. C’est un pays que j’aime beaucoup, et notamment en raison de l’extrême gentillesse et de la culture de ses habitants.

Vous comptez vivre d’amour et d’eau fraîche ?
Je n’exclue pas l’amour mais je suis davantage porté sur le vin que sur l’eau car je compte ouvrir une cave à vin à Damas. Mon expérience en la matière est un atout sur lequel je mise pour mettre en valeur des vins espagnols, français ou italiens sans négliger les Cognacs, Armagnac, Calvados, etc.… La société syrienne, contrairement à ce qu’on entend ici ou là, est très ouverte et désireuse de qualité.

Existe-t-il une clientèle ?
Oui, indéniablement. Il y a une classe moyenne qui peut s’offrir des bouteilles à 25 Euros. Mais je n’oublie pas le potentiel de la clientèle russe, saoudienne ou qatarie qui se rend à Damas. Pour cela j’ai besoin d’une boutique proche des grands hôtels.

Comment expliquer qu’une telle idée n’ait pas encore vu le jour ?
Pour des raisons culturelles assurément. Mais il y a beaucoup de Chrétiens, sans parler d’un grand nombre de restaurants qui ne servent, pour l’instant, que le vin local du Hauran ou le vin libanais. Quant aux touristes et aux expatriés, nombreux, ils sont toujours à la quête de vins de qualité.

Concrètement, comment voyez-vous l’évolution de votre projet ?
Je me donne un an pour trouver le financement et élaborer la conception d’une surface de 100 m2. En Syrie, contrairement à la France désormais, tout est possible…

In’ch Allah…

 
Photo N. Schiffmacher
Photo N. Schiffmacher

Photo N. Schiffmacher
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