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Sport - Arts martiaux
Quand paris s'éveille au kung fu shaolin


Qu'importe que Hollywood ait eu Bruce Lee et Jackie Chan puisque désormais Paris s'honore d'accueillir le maître Shi Heng Jun, moine guerrier venu du temple chinois de Shaolin. Mais là, ce n'est pas du cinéma...

ARSENE CORVEC

Dans la pénombre d'un sous-sol du XIIème arrondissement, une mince cohorte de disciples se presse autour de maître Shi Heng Jun qui préside au thé traditionnel avec la sérénité d'un Boudha vivant. La déférence dont cet authentique moine guerrier est l'objet est d'autant plus grande qu'il semble dépositaire d'une sagesse insondable et qu'il ne parle pas notre langue. C'est Ing, un Français d'origine asiatique, qui fait office d'interprète depuis que le maître a créé en Janvier dernier cette école de Kung Fu où l'entraînement est aussi exigent que celui pratiqué dans le Temple de Shaolin plusieurs fois millénaire. Du moins c'est ce que nous confie Julien, un adepte qui a passé un mois dans cette école d'endurance nichée dans la Chine profonde ; et qui ne cache pas, comme ses condisciples, que cet art martial pratiqué régulièrement est une révolution globale. Ce jour là, nous assistons à une séance d'une heure trente sous l'égide du maître. Assouplissements, exercices musculaires, maîtrise de la respiration et précision du geste. Pour l'observateur, rien de spectaculaire. En revanche, pour les pratiquants, dont l'un des plus jeunes est victime d'un malaise sans gravité (manque de glucose et de sommeil), cette discipline corporelle passe par beaucoup de volonté et de fatigue physique, donc saine. Quelques minutes de méditation dans le noir face au mur signent l'épilogue. Dans une autre salle attenante où un autel décoré de swastikas accueille une statue de Boudha, maître Shi Heng Jun, par l'entremise de Ing, nous invite à converser autour d'un thé. " Les arts martiaux sont une partie approfondie de la culture chinoise qui accorde autant d'importance au corps qu'à l'esprit. " Lorsqu'on lui demande pourquoi il a choisi la France en crise plutôt que la Californie qui aurait fait de lui un homme riche, le moine soldat répond qu'après avoir visité beaucoup de pays, la France ne lui semble pas si différente, par bien des aspects, de la Chine. Quant aux richesses matérielles, elles ne sont visiblement pas une priorité pour ce laïc imprégné de pensée confucéenne. Paradoxe inattendu : en Chine, les jeunes viennent aux Arts Martiaux pour " capitaliser " leur enseignement - " la société chinoise est très compétitive " - alors que les Occidentaux s'y adonnent pour s'immerger dans une culture et trouver une sérénité inédite et une endurance qui permettra de faire face aux difficultés d'une société qui nous coupe de l'essentiel. A voir le visage épanoui des élèves - dont trois jeunes femmes - cette quête de sérénité semble avoir trouvé un terme heureux. Pour les plus agités, le combat libre (sanda) est envisageable ainsi que le self-défense. Un conseil, cependant, ne réveillez pas un moine qui médite surtout quand celui-ci pratique depuis l'âge de sept ans son art qui le mènera à divers championnats nationaux et internationaux qui lui vaudront dix-sept médailles d'or et d'argent et une " distinction de la jeunesse chinoise " remise par l'Etat chinois. Remercions ici maître Shi Heng Jun pour son accueil et sa patience.

France Shaolin Club
32, rue Claude Tillier 75012 Paris
Accès : M° Reuilly-Diderot
Tèl : 01 53 27 99 04
Mail : shlclub@hotmail.fr
www.shaolin-shingjun.fr
 






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