Rentrée littéraire
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En marge de la rentrée littéraire et de ses vedettes il y a la réalité des premiers romans, de leurs auteurs et éditeurs. Stéphane Million, éditeur chez Scali, et deux de ses romanciers lèvent un coin du voile.
Sabine Corvec Chaque année plus de mille premiers romans sont publiés. En vain si l’on sait que la majorité ne sera pas lue au-delà du cercle familial puisqu'un livre dont on ne parle pas dans les médias est un livre qui n’existe pas. Ces évidences étant posées, on se demande ce qui pousse encore tant de romanciers débutants à s’infliger toutes les épreuves qui attendent un sans grade en partance pour le front puisque pas la moindre compensation financière n’est envisageable (à l’exception d’un à-valoir symbolique). Pour Stéphane Million, ancien complice de Frédéric Beigbeider chez Flammarion, directeur de la revue littéraire Bordel et éditeur chez Scali, les auteurs inconnus ne gagnent pas tous à le demeurer ; même s’ils doivent attendre plusieurs années et quelques livres avant de connaître un éventuel succès. « Un Houellebecq, cela se construit. Lui a mis cinq ans et plusieurs ouvrages avant d’exploser avec ses « Particules élémentaires ». Mais, pour la plupart de mes « poulains », puisque je ne publie que des premiers romans, la reconnaissance du milieu littéraire ou des critiques et l’amour de leur propre littérature l’emportent largement sur toute autre considération, et notamment financière puisqu’il n’y a pas d’argent » Et lorsqu’on demande à l’accoucheur de Pop Heart de Barbara Israël quelles sont ses motivations, il répond enthousiaste : « Découvrir une nouvelle plume, un univers ou un style est très excitant. Tout se joue dès les premières pages du manuscrit. Là, je sens d’emblée s’il y a une voix ou pas. Cela a été le cas autant pour Barbara Israël ou Rol (voir interview) avec « French Cancans » qui est un condensé de style, de décadence et d’insolence réjouissant ». Barbara Israël se félicite d’autant plus du bon goût de son éditeur qu’elle a mis sept avant de le trouver. « Cela a été une très longue période d’espoir, de désespoir, d’entêtement et de doutes. Enfin, après un nombre incalculable de lettres de refus, j’ai rencontré l’attachant et iconoclaste Stéphane Million grâce à une amie qui travaillait chez Flammarion. Il a aimé une de mes nouvelles qu’il a publiée dans sa Revue Bordel et une sorte de connivence s’est instaurée. » Quid de l’ambition dans un milieu où il n’est pas de bon ton de l’afficher ? « Si on a des ambitions matérielles, répond-elle, on fait de la télévision, pas des romans. A mes yeux, l’important est que mes livres existent, même confidentiellement. » Les lecteurs de Cigale sont désormais dans la confidence |
![]() Couverture de Bordel ![]() Couverture de Pop Heart |
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