Paris Nocturne
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S’il est vrai qu’on regarde trop la télévision, on regarde plus rarement la radio. Sauf si on se rend aux émissions ouvertes au public proposées par Radio France. Une manière intéressante (et gratuite) de meubler ses soirées.
Il y en a pour tous les goûts et, selon que vous aimerez la musique classique, le jazz, le rock, la chanson française, les bavardages abscons ou la pop, vous trouverez chanson à votre pied. Evacuons le seul inconvénient de la formule : une heure d’attente à l’extérieur du studio avant le début de l’émission. Dans le hall (vide) de la Maison de la Radio, des vigiles en blazer et talkie-walkie prennent des airs de conspirateurs. Sont-ils là pour empêcher les vrais informations de pénétrer les ondes de France Info et France Inter … ? Enfin, une heure plus tard, à 19h30, la file d’attente transgénérationnelle s’ébroue et s’engage dans les coursives jusqu’au studio Charles Trenet. Trois cent places nous attendent au-dessus de la scène où, dans un salmigondis de câbles, des micros, pianos, batteries et consoles de mixage attendent les invités de l’animatrice du « Pont des Artistes ». Les éclairages intimistes et l’atmosphère à la fois informelle et professionnelle d’un studio d’enregistrement raviront ceux qui aiment voir derrière ce qu’ils entendent. Ce soir, le mélange des genres musicaux, avec pour trait d’union le violoncelle, est incarné par la chanteuse Emily Loizeau, le pianiste jazz Laurent de Wilde, la classique Sonia Wieder Atherton et l’inclassable Nosfell. L’attitude policée du public est celle d’invités qui ne songeraient pas à cracher dans la soupe de leur hôte (Radio France en l’occurrence) et cela induit une excellente ambiance ; même quand tel morceau serait jugé pratiquement inaudible dans un concert payant. A la vérité, ces prestations ponctuées de conversations avec madame Loyal, nous évoquent les grandes heures du Grand Echiquier de notre cher Jacques Chancel quand un peu de culture et beaucoup de talent perçaient encore la chape commerciale des années 70. Nous laisserons donc aux esprits chagrins l’ironie facile devant les vieux tics « cultureux » de Radio France pour nous souvenir de cette belle soirée en dehors des circuits habituels. 116 Avenue du Président Kennedy 75016 |
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