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Ma rencontre avec...
Michèle Laroque


« Mon brillantissime divorce » est une délicieuse et irrésistible fable sentimentale britannique, Michèle Laroque en a tiré comédie à une voix, où
chacun reconnaîtra des bribes tragi-comiques
de sa propre existence.

Annabelle Milot

Un divorce peut-il être brillantissime ?
Non, le titre est ironique. Un divorce, c’est jamais brillantissime. Il faut vraiment que les choses soient mortes depuis longtemps pour que le divorce soit calme et positif.

Hier soir, vos amies Claude Chirac et Line Renaud étaient dans la salle. On joue de la même façon lorsque qu’on se sait regardée par des proches ?
Oui. La seule chose, c’est qu’à un moment donné j’ai reconnu le rire de Line sur quelque chose de très précis et cela m’a cueillie. Ça me fait la même chose lorsque Pierre Palmade vient, qu’il rit tout seul sur quelque chose et que je sais pourquoi il rit parce qu’on est très complices. Donc évidemment ça rajoute quelque chose. Sinon oui, on joue de la même façon. On essaye de jouer mieux au contraire.

Vous êtes divorcée ? Cette pièce, c’est du vécu ?
Oui, je suis divorcée avec le père de ma fi lle. Mais mon divorce en soi n’était pas très intéressant. Ce que j’ai trouvé d’intéressant dans le texte de la pièce, c’est qu’il racontait l’ensemble des situations qui pouvaient se passer lors d’un divorce.

Avez-vous rencontré des difficultés à adapter la pièce de Géraldine Aron « My Brilliant divorce » en français ?
Je n’ai pas eu de difficulté car une adaptation, c’est quelque chose de très jouissif dans la mesure où il s’agit de la réécriture d’un texte. L’humour est très culturel, on ne peut pas rire de la même façon en France et en Angleterre. J’ai mis mon humour et j’ai essayé de faire un spectacle qui pourrait me faire rire. C’est comme ça que j’imagine les choses, même dans le jeu et c’est vrai que ça fonctionne bien comme ça. Il faut d’abord avoir l’histoire, la situation puis le personnage avant de rajouter des tas de choses
comme des répliques drôles.

Vous avez adapté la pièce, vous l’avez mise en scène et vous la jouez… Est-ce que ça ne fait pas beaucoup pour une seule femme ?
Je ne voulais pas forcément faire ça. Et puis les choses se sont déroulées de manière un peu évidente et tout d’un coup je ne voyais pas comment faire autrement que de tout faire. J’ai même eu l’idée de l’affiche, du décor…
J’ai eu aussi des personnes qui me donnaient le départ d’une idée, mais lorsqu’il s’agissait d’exécuter, je me rendais compte qu’il n’y avait que moi qui pouvais le faire. Mais tout ceci n’était pas calculé, ce n’était presque pas anticipé. Passer le stade de me faire confiance, c’était devenu une évidence.

La pièce se joue depuis six ans en Allemagne. Vous comptez en faire autant en France ?
Non. Déjà je vais devoir m’arrêter pour aller tourner un film, mais j’ai envie de reprendre le spectacle à Paris puis d’aller le tourner longtemps dans toute la France. Je ne suis pas sûre à l’avenir de jouer à nouveau seule sur scène donc j’ai vraiment envie d’aller au bout de cette aventure.

Est-ce que votre expérience avec Pierre Palmade a influencé votre jeu ?
Non, ce n’est pas Pierre. Ce sont des familles d’humour. On rit et sûrement parfois on fait rire de la même façon. Mais il n’y a pas que Pierre, il y a aussi d’autres copains. Hier par exemple, je travaillais avec Manu Payet qui a aussi cet humour, qu’on retrouve les uns avec les autres, et qui fait qu’on peut se faire penser les uns avec les autres. Mais il n’y a pas de mimétisme : il y a juste une même forme d’esprit.

Quelle est votre vision globale du spectacle ?
C’est un spectacle profondément humain et généreux dans le sens où le personnage raconte tout. Elle n’a pas envie d’avoir une belle image et de se donner le bon rôle : elle est très ouverte, très sincère. C’est ça que j’aime : elle est cash,
elle dit vraiment tout ce qui lui passe par la tête. Après, ce que j’aime c’est que les gens s’identifient énormément. Alors ce n’est pas toujours eux personnellement mais quelqu’un qu’ils connaissent, quelqu’un de leur famille ou autre et ça, c’est toujours très sympathique car ça crée une grande complicité. De temps en temps, il y a un rire d’homme ou de femme qui part tout seul de la salle, on sent vraiment que ça a tilté dans leur esprit. C’est une complicité de vie. On est tous dans une même société, un même chemin de vie, etc. Les relations sont un vrai enjeu car on place beaucoup de choses à l’intérieur de ça. Le public est comme une grande famille qui verrait quelqu’un lui raconter l’histoire de ce qui lui est arrivé et qui participerait d’une certaine manière.


ACTU:

THÉÂTRE
Mon brillantissime divorce
Théâtre du Palais Royal,
38, rue Montpensier, Ier.

CINÉMA
Oscar et la dame rose
Réalisé par Eric-Emmanuel Schmitt.
Avec : Michèle Laroque, Amir Ben
Abdelmoumen, Amira Casar.
Sortie le 9 décembre

 
Photo N. Schiffmacher
Photo N. Schiffmacher

Photo N. Schiffmacher
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