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Il n’y a encore pas si longtemps, les Parisiens qui la journée s’agitaient en tous sens se trémoussaient le soir sur des airs de musette…
Alexis Sainte Marie
À la chaleur des accordéons et à l’ombre des jeunes filles en fleurs, ouvriers et bourgeois passaient la soirée un verre à la main et une cavalière au bras.
EST-CE QUE J'AI UNE GUEULE D'ATMOSPHÈRE!
À l’origine, ce qu’on appelait guinguette était un troquet – installé à l’extérieur de Paris pour des raisons de taxe – où l’on buvait un petit vin blanc sans prétention, le guinguet. Très tôt, la musique vint se mêler à l’affaire : faite de valse et de danses populaires, la musette était née – nous sommes en 1715.
Plus précisément, la musette est un mélange de musiques venues des quatre coins d’Europe. On pourrait dire qu’elle est à la France ce que le jazz est aux Etats-Unis : un patrimoine culturel populaire, baigné – et c’est important – dans une atmosphère bien particulière. Un peu enfumée, un peu étrange, un peu à part. Avec ses marlous, ses loulous, ses gigolettes et autres apaches, la ginguette est le lieu des magouilles et des rires, des jeunes filles indiscrètes et des personnages interlopes.
Les années passent… Au XIXème, la guinguette devient le terrain de jeu de ceux qui tiennent la rue. Une sorte de société alternative, avec ses codes d’honneur et ses égéries, à l’instar de Casque d’Or, cette prostituée d’une grande beauté qui traversa les clans et les rivalités d’un mouvement de sa longue chevelure. Immortalisée par Simone Signoret dans le Casque d’or de Jacques Becker, elle fut le symbole du temps des ginguettes. Elle incarna l’insouciance et la passion qui consume – du coup de foudre à l’échafaud.
C’est cette ambiance de surchauffe gouailleuse que Mélina a voulu faire renaître lorsqu’elle créa en 2007 « Balapaname ». Elle-même issue du Nord ouvrier, cultivant l’allure gracieuse d’une danseuse de tango, elle convie à ses bals, aujourd’hui référence en la matière, « la fine fleur du milieu ».
L’objectif est clair : transmettre au plus grand nombre cette culture en voie de disparition – et en profiter au passage pour organiser de belles fêtes. Autrement dit, ambiance et patrimoine pour installer de nouveau le bal dans les murs de Paris… Le concept, lui aussi, est simple : faire venir en voiture d’époque amateurs et baroudeurs du musette, jeunes artistes en costume, brancher les lampions et sortir les accordéons. Le programme, enfin, est évocateur : « De Casque d’Or au Rock ‘n roll ».
Depuis la création de l’association il y a deux ans, preuve de son succès, les gapettes se multiplient dans les bals de Mélina – on pense notamment à celui qui se tint cet été à Paris Plage, où une coupure de courant inopinée faillit d’ailleurs mettre fin à la fête un quart d’heure plus tôt que prévu… Sans se démonter, l’accordéoniste plaqua un accord et les gens, d’abord interdits, reprirent en chœur l’un après l’autre. Ce soir-là, dans le noir, on dansa jusqu’à l’heure prévue…
La musette que pratique Mélina est résolument bon enfant : il n’est pas rare de voir passer entre les gambettes des danseurs une ribambelle de gamins jouant probablement – pour rester dans le thème – aux gendarmes et aux voleurs.
DEMANDEZ LE PROGRAMME!
Parlons clairement à présent : pour la saison 2010, il va falloir réserver ses soirées. Les dimanches 24 janvier et 23 mai se tiendront deux grandes soirées swing/rock au « Cabaret Sauvage », à La Villette (1). Le dimanche 21 mars, au même endroit, ce sera un grand bal populaire qui prendra le relais. Et en attendant, pour ne pas perdre la main, Mélina organise le dernier dimanche de chaque mois un bal au Bizz’Art, dans le Xème (2)… À plus long terme, on notera les bals itinérants flottants prévus pour l’été. Sur de grandes barges, au fil du canal de l’Ourcq, ils ont enchanté plus de 5 000 personnes l’été dernier…
Ajoutez à cela Paris Plage et la Nuit Blanche, éditions 2010, et vous aurez une vision assez complète des festivités à venir. Sur la page Myspace de Mélina, vous trouverez toutes les informations sur les Balapaname (3).
Sur cette page Myspace comme sur les affiches de ses soirées, Mélina a été créée « bâronne d’Paname ». Et au royaume de Gabin et d’Arletty, c’est un titre très convoité…
(1) Cabaret Sauvage – Parc de La Villette – 211, avenue Jean Jaurès – XIXème – 01 42 09 03 09 – Métro Porte de La Villette
(2) Tous les derniers dimanches du mois de 16h à 21h au Bizz’Art – 167, quai de Valmy – Xème – 01 40 34 70 00 – 06 64 74 82 48 – Métro Louis Blanc / Jaurès / Colonel Fabien / Château-Landon
(3) Page MySpace : www.myspace.com/la_baronne
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 Copyright Balapaname  Photo Antonin Dorbon  Photo Antonin Dorbon
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