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Les chevaux galopent en ligne
France Galop


Emmanuelle Bour-Poitrinal, nommée en janvier dernier, directrice générale de France Galop, s’inquiète d’une ouverture non maîtrisée du marché des jeux en Europe et explique pourquoi.

Propos recueillis par Françoise Lemoine

Comment voyez vous l’avenir des courses hippiques ?
Emmanuelle Bour-Poitrinal : D’une façon très positive. Seulement, les jeux se développent de plus en plus et nous risquons d’avoir à affronter une concurrence que nous ne connaissions pas jusque là. Malgré tout, les paris hippiques ont, dans ce nouvel univers, de nombreux atouts.

Lesquels ?
E.B.P. : D’abord grâce à sa part importante de parieurs. On en compte 6,5 millions, dont 40% de femmes. L’an dernier, ils ont reçu la somme record de 6,5 milliards d’euros, soit 74% des sommes jouées. Quant au PMU, il a réalisé un chiffre d’affaires de 8,8 milliards d’euros, une hausse de 9,1% par rapport à 2006. Deuxième atout : les paris hippiques, des jeux intelligents, accessibles aux néophytes qui se jouent sur une matière vivante, sans oublier l’intérêt sportif de la compétition. Dernier atout, non négligeable : l’environnement. Les courses se déroulent dans des endroits très léchés entourés de verdure.

Quel est le champ de course le plus fréquenté ?
E.B.P. : C’est Longchamp grâce à l’emblématique Prix de l’Arc de Triomphe qui réunit chaque mois d’octobre, cinquante mille personnes.

Comment se porte la filière cheval ?
E.B.P. : Grâce au système des courses à la française, elle se porte bien. 8% des sommes jouées par les parieurs reviennent à la filière hippique. Dans le contexte de l’ouverture européenne, des paris hippiques non maîtrisés seraient particulièrement inquiétants. Surtout en ligne, où n’importe quelle entreprise off-shore ou établie dans un paradis fiscal, peut blanchir son argent en intervenant sur internet. Autre inquiétude : les bookmakers. Des pays où la tradition hippique était très ancrée, ont connu depuis leur apparition, une diminution rapide de l’activité des hippodromes. Ainsi en Allemagne, le nombre de courses a baissé de 36%, en Belgique de 44%. En France, seules les sociétés de courses sont autorisées à prendre les paris hippiques. Le PMU prend ainsi les paris pris en dehors des hippodromes et reverse l’intégralité de son solde d’exploitation aux sociétés de courses. Il faut donc préserver ce système que de nombreux pays nous envient.

 




Emmanuelle Bour-Poitrinal
Emmanuelle Bour-Poitrinal

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