Le véritable récit du naufrage du Titanic
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Poussez la porte du 8 rue de Nesle dans le 6° arrondissement et commencez par relever la tête. Admirez le plafond polychrome « à la française ». Vous venez d’entrer dans le musée des lettres et manuscrits, niché dans une bâtisse du 17° siècle, propriété d’un groupe de collectionneurs.
Christine Simeone Les Français n’ont pas l’habitude des musées privés et celui-ci a un gros défaut : on y trouve essentiellement les biens des collectionneurs qui sont à l’origine de ce lieu, rassemblés et classés sur le thème « on fait avec ce qu’on a ». Ici les manuscrits d’écrivains, là les manuscrits de musiciens, et ainsi de suite, des assemblages qui laissent peu de place à un discours construit sur un thème précis. Mais l’avantage est que le visiteur y fait de vraies trouvailles, émouvantes, ne serait-ce que par le contact avec l’écriture d’un Victor Hugo, d’un Berlioz ou d’un Verlaine, ou mieux encore, en découvrant par exemple les 26 pages écrites par Albert Einstein et Michele Besso au sujet de la relativité. Document sans lieu ni date qui fera frémir les nuls en maths autant que les scientifiques, atterri au cœur de Saint-Germain-des-Prés grâce à la passion d’un collectionneur. En ce moment le musée présente le manuscrit du récit d’Helen Churchill Candee, femme de lettres rescapée du naufrage du Titanic en avril 1912. Ce récit a inspiré le film de James Cameron avec Leonardo di Caprio et le document est présenté dans un tout petit espace agencé en cabine de bateau. Sont exposés aussi d’autres documents comme des télégrammes annonçant la catastrophe ou au contraire laissant entendre que tout allait bien à bord. Ce manuscrit a été acheté il y a deux ans environ 70 000 euros par le musée. Il y restera pour un moment, mais sera peut-être vendu un jour à d’autres collectionneurs, pourquoi pas…ailleurs dans le monde. Les trésors du musée des lettres et des manuscrits ne sont pas éternels au 8 rue de Nesle. |
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