Le billet vert d'Antoine Waechter 


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Le Printemps des élections
Le billet vert


Le printemps n'est pas seulement la saison du retour de la douceur du temps et des floraisons. C'est aussi, classiquement dans notre pays, la saison des élections. 2008 est un cru d'élections locales.

Antoine Waechter

La prose électorale des candidats maires ou conseillers généraux a consacré beaucoup d'espace à la promotion de la personne. Les projets eux-mêmes étaient le plus souvent hors du temps, donnant le sentiment que la dérive du climat, l'envolée des cours du pétrole et des céréales, l'effondrement de la biodiversité… n'existent pas.

La hausse des cours du pétrole était prévisible et prévue : elle ne s'arrêtera qu'avec l'épuisement de la ressource, vers 2035 ou 2040. Elle se traduit par une augmentation des coûts du transport individuel et du chauffage domestique. Dans le même temps, la pénurie mondiale de céréales et de lait se répercute sur le prix de l'alimentation. Le pouvoir d'achat des ménages s'en trouve ou s'en trouvera inéluctablement affecté.

Nous n'avons, bien entendu, aucune influence sur les causes premières de ces évolutions. Mais, nous avons la possibilité de réduire notre dépendance face à ces enjeux planétaires. Par exemple, en développant le transport ferroviaire de proximité, c'est-à-dire en permettant à chacun de relier son lieu de travail et son lieu d'habitation par un moyen de transport efficace, dont le coût dépend peu des cours du pétrole. Une adaptation de la répartition de l'habitat et des services (commerces, services publics) au réseau de transport collectif complète la démarche. Ainsi, au lieu de localiser les grandes surfaces commerciales au bord des grandes routes, il va falloir dorénavant les placer près d'un arrêt de tram, voire remettre en cause ce type de distribution centralisée. Cette stratégie est de la compétence locale.

Le développement des énergies alternatives pour assurer le chauffage des habitations peut aussi être stimulé par les pouvoirs locaux.

Le redéploiement d'une production alimentaire proche des lieux de consommation et la réduction des circuits de commercialisation, par exemple en organisant des marchés paysans, sont aussi à la portée des communes et des conseils généraux. Cette stratégie revalorise la rémunération des agriculteurs et réduit le prix pour les consommateurs.

Dédier, dans chaque commune, un îlot de prairies, de marais ou de forêt à la biodiversité et organiser, à l'échelle des départements, un réseau de corridors verts assurant le lien entre ces îlots, permettrait d'irriguer l'ensemble du territoire. C'est aussi à la portée des élus locaux.

Mais, la distance est souvent grande entre le discours des responsables nationaux, exprimé, par exemple, à l'occasion du Grenelle de l'environnement, et celui des responsables locaux, comme le démontre la littérature électorale des dernières semaines.

Paris intra muros, il est vrai, est moins directement concerné. Les transports collectifs ferroviaires desservent la capitale et la production alimentaire est nécessairement reportée sur les territoires limitrophes. Les réponses relèvent, ici, de la grande agglomération francilienne et d'une stratégie concertée entre les communes et les départements qui la constituent.

A quand le printemps d'une culture écologique communale et départementale dans toutes les régions de France ?

 


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