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Comme chaque année, en septembre, la foire aux vins bat son plein. L’occasion de faire le point sur les nouvelles tendances et la consommation des Français.
Françoise Lemoine
On boit moins, mais mieux, c’est ce qui ressort de la dernière enquête réalisée par Viniflhor (Office national interprofessionnel des vins, fruits, légumes et horticulture). Par rapport à 2000, la consommation française a chuté de 5%. Nous ne serions plus que… 32millions à boire du vin, et les consommateurs occasionnels prennent le pas sur les réguliers (un tiers des personnes). . Ainsi, le gros rouge affiche une baisse de 85%, alors que les vins à appellation contrôlée se multiplient par deux ou trois. Les jeunes et le vin ne font toujours pas bon ménage. Ils préfèrent se ’ avec des mélanges alcools forts et coca ou jus de fruit. Selon Jérôme Agostini, la loi Evin et l’alcootest, ne seraient pas à l’origine de cette désaffection
Malgré ce marché morose, dont peuvent se réjouir la sécurité routière et les associations anti-alcoolisme, les producteurs arrivent à sortir leur épingle du jeu, grâce au marché international.
Nos exportations ont connu l’an dernier un boom exceptionnel : 14,6 millions d’hectolitres sont parties à l’étranger, soit 3,5% de plus que l’année précédente. Certes, cette croissance est due, pour une bonne partie, aux exportations de champagne (5%) et de grands crus de bordeaux et de Bourgogne. Ces chiffres donnent malgré tout du baume au coeur des producteurs. Surtout que 2007 promet encore plus. Mais il faut rester vigilant. Selon Michel Pons, sous-directeur Etudes-communication-entreprises à Viniflhor, nos vins ne sont pas les mieux placés à l’étranger : .
Si la France a perdu du terrain, c’est selon lui, parce que nos producteurs n’ont pas su s’adapter au goût du consommateur étranger : .
Il faut dire aussi que ces pays mettent le paquet au niveau du marketing. Leurs vins sont beaucoup plus identifiables que les nôtres. , précise Michel Pons , même si ces vins sont aujourd’hui beaucoup plus alcoolisés. Un grand nombre avoisine 14%.
En fait le lourd handicap des producteurs français, c’est leur diversité : plus de 470 appellations auxquelles il faut ajouter 150 vins de pays. Difficile dans ces conditions d’élaborer une stratégie de marketing et le consommateur étranger et même français a bien du mal à s’y retrouver..
Grâce aux vins régionaux, qui s’imposent de plus en plus, sur le marché français, les producteurs peuvent rebondir. Ceux du sud-ouest, de la Loire, du Languedoc-roussillon qui, autrefois, avaient une connotation négative, ont aujourd’hui le vent en poupe : . Revers de la médaille : ce vin non tannique ne se conserve pas.
Pour s’en sortir, le producteur doit donc se plier aux exigences du consommateur. Les 900 000 hectolitres de vins d’appellation contrôlée, non écoulés et détruits il y a deux ans, restent encore dans les mémoires. Pour Michel Pons : une seule solution : le marketing : Il suggère donc aux régions de se mobiliser pour mieux faire connaître leur produit. Une autre suggestion serait aussi de mettre en avant les bienfaits du vin, mais là c’est un autre débat, politiquement incorrect. Le , comme le surnomme les Américains, a pourtant fait l’objet de nombreuses études. Pour certaines, le taux de mortalité par infarctus du myocarde qui se révèle inférieur en France, comparé à celui observé aux Etats-Unis, serait dû aux quelques verres de vins bus par nos compatriotes. Mais il faut rester prudent. Les organismes d’Etat l’ont bien compris. Pour ne pas être accusé de complicité avec certains médecins, Viniflhor a financé depuis 1994, plusieurs études, pour un montant de 3 millions d’euros. D’ailleurs, à Bordeaux, le 20 septembre prochain, un congrès international réunit tous les chercheurs qui ont mené des expériences sur les effets du breuvage des Dieux.
Des analyses très attendues par le lobby du vin.
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 Photo N. Schiffmacher  Photo N. Schiffmacher
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