Du 3 au 7 décembre 2008, le Carrousel du Louvre ouvrira ses portes aux professions d’art et de création.
Sélectionnés pour leur talent et leur maîtrise, les 340 exposants présents offriront au public l’opportunité de découvrir cette mosaïque qui
constitue l’ossature séculaire de la création française prisée dans le monde entier.
Arsène et Sabine Corvec
ATTILALOU: Peinture en décors
(Stand A8)
Les hôtels Meurice et George V doivent à Mathias Kiss, Olivier Piel, Olivier Jablonski et Laura Do un lustre recouvré puisqu’ils sont peintres en décors et doreurs. La société Attilalou fondée par le premier, n’est donc pas la dernière venue puisqu’issue de la grande tradition des maîtres en la matière. Compagnon pendant une dizaine d’années, au cours desquelles il arpentera les grands chantiers du Louvre, de l’Opéra Garnier et d’une clientèle subtile (et argentée), Mathias Kiss partage avec son équipe ce goût pour la rénovation et la création pure, les trompe l’oeil et,
surtout, les ciels. Olivier Piel ne cache pas sa jubilation d’appartenir à cette jeune dream team emmenée par un Kiss cool très demandé. « Notre excellente réputation repose sur l’excellence de notre travail et attire une clientèle haut de gamme. Les ciels de Mathias sont un peu notre
image de marque. Après les murs blancs et le minimalisme des années 80/90, le cossu revient en force. » Tant mieux pour eux et pour les propriétaires de volumes conséquents qui ne jurent que par ces techniciens – et artistes – du pinceau, de la brosse et de l’escabeau.
ARTS DECORATIFS
OMBRE PORTÉE: Sculptures lumineuses
(Stand F8)
Dans son atelier/loft Éric de Dormaël – et son alter ego Sylvie Janvier, plasticienne – a résolument tourné le dos au monde de la publicité où il fut illustrateur pendant 19 ans. « C’est un milieu qui ne m’amusait pas du tout, où l’on bride la créativité. À 50 ans j’ai mis mon amour du travail manuel au service de mes propres goûts » ; et de ceux de sa clientèle fort séduite par les sculptures lumineuses de la maison Ombre Portée. « Nous ne faisons pas des luminaires, nous concevons des objets animés de lumière ». C’est une nuance à laquelle les Palaces sont sensibles (Hôtel Pullmann Paris Bercy, restaurant de Bagatelle) où l’on peut découvrir des pièces faites à la main, conçues à partir de matières naturelles puisque cet artiste est aussi animé d’un souci écologique.
LA MAISON DU VITRAIL: Création et restauration
(Stands C1-C5)
Trois petits chats et un gros chien veillent
nonchalamment sur l’atelier de Christiane et
Philippe Andrieux, Maîtres Verriers issus de
l’École Nationale Supérieure des Métiers d’Art
qui créèrent en 1972 la Maison du Vitrail où
l’on crée, restaure et forme à ce métier. « Nous
sommes leaders en Europe, nous explique Philippe
Andrieux, car le vitrail – qui se développe surtout
à partir du VIe siècle – est essentiellement un art
d’Ile-de-France. D’où notre position et celle de
la France en général. » De la Réunion au Quatar
en passant par la BNP ; du Grand Orient à une
bonne dizaine de cathédrales dans le monde,
sans oublier l’Alcazar, les Invalides et quelques
palaces, l’estampille Andrieux s’imprime un peu
partout dans le monde où l’on prise cette petite
entreprise de 11 salariés. Les commandes d’État
et les Institutionnels ne sont pas les seuls clients
du couple Andrieux (et leur fi lle Emmanuelle),
artisans, certes, mais résolument artistes qui
conçoivent de splendides objets (lampes, fresques,
sculptures, etc.) exposés en leur boutique de la rue
Desnouettes. Les raisons de ce succès planétaire ?
« Sans doute un peu de talent, nous répond le
Maître, du courage au travail et de la chance. Mais
surtout le goût d’être les meilleurs. Aujourd’hui,
à 58 ans, ma femme et moi nous nous battons
encore comme à 20 ans. »
MEILLEURS OUVRIERS DE FRANCE
CHRISTELLE CAILLAUD: Ciseleur
(Stand E10)
Le label Meilleur Ouvrier de France (MOF) consacre un savoir-faire et une expérience qui n’attendent pas le nombre des années. Pour preuve, la jeune (et jolie) Christelle Caillaud, ciseleur, ancienne élève de l’élitiste École Boulle qui a vite surpassé ses maîtres en obtenant le titre à 27 ans avec la réalisation du prototype d’un flambeau Olympique pour les jeux de Pékin. « La meilleure défi nition de la ciselure, nous explique-t-elle est celle de Lucien Falize, orfèvre du XIXe siècle : Le ciseleur a le devoir de faire dire au métal ce que le sculpteur n’a pu lui donner (…) ». Christelle Caillaud appartient à l’aristocratie de cet art consistant à restaurer le bronze, à créer des bijoux et des sculptures. « Il m’arrive de travailler pour de grands joailliers pour des commandes très spéciales ». Sa griffe « Criska » donne en effet l’envie de faire patte de velours.
GUY VIGOUREUX: Graveur-imprimeur
(Stands A28, B33)
Des 40 graveurs imprimeurs qui existaient lorsqu’il a commencé en 1973, il n’en reste aujourd’hui que 3. Dont lui, Guy Vigoureux, le bien nommé, lauréat de l’École Estienne, qui ne déprime pas mais imprime après avoir gravé, comme autrefois, à la main, des plaques de cuivre où il applique les desiderata de ses clients. Papier à lettre (de noblesse), bristols, cartes, ex-libris et armoiries sont réalisées selon les méthodes ancestrales. « Des joailliers de la Place
Vendôme, des cabinets d’avocat, des ambassades,
des restaurateurs, beaucoup de maisons prestigieuses me passent commande. Y compris Nicolas Sarkozy lorsqu’il était au Ministère de l’Intérieur. J’ai réalisé ses cartes de voeux. J’ai eu aussi François Mitterrand comme client et Jacques Chirac pour son titre de co-prince d’Andorre. » Les particuliers désireux de s’off rir la signature Vigoureux ne devront pas s’effrayer devant un tel carnet d’adresses. Ce Meilleur Ouvrier de France est par essence le meilleur dans sa catégorie mais pas le plus cher.
CATHERINE NICOLAS: Laque
(Stands A28, B33)
Catherine Nicolas revient de loin ; de la pub, où elle fut directrice artistique. Après les réunions inutiles, les « concepts » abscons et les budgets astronomiques, elle est revenue à une vie plus authentique et un vieil amour de jeunesse : la laque. Elle fut, certes, élue Meilleur Ouvrier de France 2004, mais également saluée à Pékin et récompensée au Japon, terreaux ancestraux de cet art fondamentalement asiatique. « C’est une discipline très complète qui touche à beaucoup de métiers d’art car elle ne se limite pas aux meubles asiatiques ou à l’Art Déco. Au début, j’ai créé énormément en cassant pas mal de codes traditionnels avant de revenir à une vision plus classique à travers la restauration. Mon passé en pub dans le packaging est un socle que j’exploite pour mon travail ». Moderne et traditionnelle, la laque selon Catherine Nicolas fait école et s’étale au-delà des cadres admis.
ABDOU FATAÏ ABIOLA: Souffleur de verre
(Stand F3)
Monsieur Abdou Fataï Abiola est souffleur de verre et Meilleur Ouvrier de France. Avec un tel pedigree, on l’attendait plutôt du côté des arts traditionnels que dans la fabrication de néons. C’est pourtant le créneau de Fath-Light, sa société, qui pense et fabrique des tubes néon pour les enseignes publicitaires. Quelques grands noms font appel à ce Meilleur Ouvrier de France qui n’oublie pas qu’il est également un artiste, disposé à concevoir des oeuvres très personnelles (une Pyramide, notamment, visible au Carrousel). « Mon outil commercial est l’enseigne, le néon mais
des architectes font appel à nous. ». Pour assister au processus de fabrication il est possible d’y accéder sur le net : www.tvrosny.fr.
LOUISE FEUILLÈRE: Corseterie
(Stand E12)
Les femmes (et les hommes) de goûts ne peuvent être insensibles à la lingerie en général et à celle de Louise Feuillère en particulier, détentrice du titre « Meilleur Ouvrier de France » 2008 au rayon
Corseterie ; et reçue à cette occasion à l’Élysée – où l’on connaît assez bien les dessous de la République (y compris italienne) – pour ses soutiens-gorge, petites culottes, strings, porte-jarretelles, guêpières et autres maillots de bain. Mais là, on parle d’art, de sensualité et de galbes sublimés, pas de froufrous de la Place Blanche. Après des années passées dans l’industrie du luxe, cette jeune femme s’est très logiquement installée rue des… Dames. En n’oubliant pas que sa grand-mère, déjà, la faisait broder et coudre, accouchant là d’une ambition qu’une autre corsetière, Madame Christiane Mogenet confirmera. « Je suis corsetière, c’est-à-dire que je maîtrise les techniques anciennes et contemporaines ; et je suis artisan mais je ne boude pas le monde industriel. Dans les deux cas j’honore la confiance des femmes qui viennent me voir. Certaines veulent faire marcher leur imaginaire érotique, mais pas toutes, et je comprends leurs envies car la lingerie est un langage. Elles sont françaises, ou étrangères car
ma réputation commence à se forger ailleurs. Mais j’ai le goût de la discrétion et j’aimerais demeurer une adresse confi dentielle… » Ne vous inquiétez pas, Louise, Cigale ne tire qu’à 150 000 exemplaires ! Dans ce boudoir, les matières les plus nobles (tulle, dentelle, soie, etc.) déshabillent les femmes avec succulence et élégance. Y compris celles ornées de petits seins, dixit Louise Feuillère qui sait les diffi cultés des petits formats à trouver le fourreau idéal. Enfin, succombant à la mode du « commerce équitable », Madame Feuillère effeuillera les clientes désireuses de revêtir leurs formes de coton « bio ». Dans tous les cas, le savoir-faire, et un véritable métier d’art, déterminent la qualité des pièces exposées ou commandées sur mesure qui situent Louise Feuillère au niveau le plus haut de la corseterie.
MODE
SARAH RADULESCU : Dentellière
(Stand H12)
Les couturiers Christian Lacroix et Jean-Paul Gaultier ne jurent que par elle. Sarah Radulescu, professeur d’art et styliste qui
revisite le folklore slave avec glamour. « J’ai beaucoup voyagé dans les pays de l’Est où je me suis inspirée des paysannes hongroises, bulgares ou roumaines qui m’ont appris la technique ; avant que je ne me réapproprie ce savoir-faire pour faire des châles puis des bijoux en dentelle. Le Bon Marché m’avait commandé mes créations et Christian Lacroix a organisé son dernier défi lé en juillet autour de mes conceptions. Mais j’attends beaucoup du Carrousel. » Nous aussi.
CHIKETHIC : Sacs et accessoires
(Stand G24)
Chikéthic annonce la couleur de l’air du temps qui préconise le « développement durable » chic et éthique ; y compris en terme d’artisanat. Carol Tessier et Pascale Touchet recyclent donc le matériel publicitaire en PVC (bâches, annonces d’expos, toiles de manifestations sportives, etc.) pour créer des sacs et accessoires. « Carol est la créatrice, nous confie Pascale Touchet, et moi
je récupère les matières premières, les pièces à recycler. Les bâches récupérées sont lavées mais jamais modifiées. Nous découpons dans la masse pour dessiner nos sacs et accessoires comme nous pourrions le faire dans le cuir. Mais notre originalité, c’est que chaque pièce est unique. » Même le très chic Bon Marché a été séduit par ces dames de choc distribuées dans une vingtaine de boutiques parisiennes et alentour.
BIJOUTERIE ORFERVRERIE
STEPHANE MARANT
(Stand H14)
« J’étais agent de voyage, nous confie Stéphane Marant, et à un moment j’ai pensé me reconvertir. Jusqu’au jour où j’ai conçu une couronne pour des copains qui partaient au Carnaval de Venise. Tout est parti de là quand les boulangeries-pâtisseries que j’ai ensuite démarchées ont été séduites par mes couronnes destinées à leurs galettes des rois. Je dois tout aux boulangers ». Parcours atypique pour un personnage et une activité qui ne le sont pas moins puisque cet heureux mortel a ensuite couronné les Miss (France, Russie, Togo, etc.) pendant 5 ans. « Ensuite, j’ai fait des bijoux pour la haute-couture (Nina Ricci), la publicité (Jean-Paul Goude pour Les Galeries Lafayette) et aujourd’hui pour des particuliers ». « Particuliers », le mot n’est pas usurpé quand il conçoit des diadèmes pour de jolies fiancées bien nées qui, de Paris à Dubaï en passant par New York savent que leur virginité vaut bien une couronne. « Je travaille avec le « Gotha », avec des musées – pour Malmaison – ou des collectionneurs pour des reconstitutions historiques (le fameux Collier de la Reine entre autres) ». Souvent copiée mais jamais égalée, la maison Privilège est la référence en terme de design et de conception qui se propose de nous faire découvrir l’un de ses procédés : la métallisation au palladium, dont la nouvelle collection 2009 bénéficiera avantageusement.
IN FINE
(Stand G16)
« Des études supérieures classiques, une situation dans l’immobilier, et somme toute une vie qui ne me convenait pas m’ont longtemps détourné de ma vraie vocation d’artiste », se souvient Isabelle Souppe, joaillier créateur à la tête de In Fine. « J’ai tout quitté à 37 ans pour renouer avec la joaillerie que j’avais découverte adolescente en visitant un atelier. J’étais fascinée. » L’École du Louvre et les diplômes requis ont été un nouveau point de départ pour cette femme de caractère, et très sensible, qui conçoit des bijoux pour hommes et femmes. « Je travaille les perles de culture d’Australie, des Philippines et d’Indonésie. » Sa Bague Sauvage, avec en son centre la verte Tourmaline d’Afghanistan, incarne sans doute l’essence de ses travaux subtils, tout en mouvement et courbes. « J’aime travailler sur des thèmes et, en ce qui concerne les femmes, les imaginer portant mes bijoux. Mais une de mes grandes ambitions est de convaincre les hommes de porter des bijoux qui leur ressemblent. » Et Isabelle s’y consacre avec des pendentifs. De 500 jusqu’à 15 000 Euros, ses bijoux n’ont pas, paradoxalement de prix. Quant à ses pierres, elles proviennent des fournisseurs de la Place Vendôme.
ARTGEM
(Stand G14)
ArtGem est une affaire de famille – la famille Hardouin très exactement – où l’on se passe le relais de grand-père en père et fi lle. Depuis quelques années, Julie Hardouin, sa mère, Françoise et Valentin Schrynemaekers, gemmologue et globe-trotter, forment un trio harmonieux au sein de l’atelier parisien où le sur-mesure, la restauration et la transformation ont une belle réputation qui a fait le tour de la Place Vendôme. « Notre collection actuelle, celle que nous proposons au Carrousel, tourne autour de la pierre, nous expliquent Valentin et Julie, qui travaillent main dans la main et maîtrisent tous les métiers de la joaillerie. Nous sommes lapidaires, c’est-à-dire que nous sommes des sculpteurs sur pierre, des pierres de couleurs. Nos idées s’accumulent et nous proposons notre vision de la joaillerie. Quand quelqu’un vient chez nous et choisit sa pierre, Valentin crée une maquette en trois dimensions pour la bague. Il faut trois semaines de délai au client pour que nous fournissions sa commande ». Chez ArtGem, l’atmosphère est à la fois informelle, sympathique et professionnelle ; la production maison est fort belle – Julie n’est pas mal non plus – et l’atelier est un concentré de technologie et de savoir-faire manuel qui placent cette petite entreprise dans le haut de gamme.
NOUVELLE VAGUE
LUDOVIC AVENEL : Ébénisterie
(Stand F10)
Ludovic Avenel n’a pas 25 ans et prouve à lui seul que le génie n’attend pas le nombre des années. Après un CAP d’ébénisterie à 16 ans, un intermède chez les Compagnons du Tour de France et un Bac pro, le Concours ardu de l’École Boulle lui ouvre une voie royale vers un épanouissement qu’on retrouve dans ses oeuvres. Cerise sur le gâteau, il est le Lauréat 2007 du Prix Liliane (et non pas Ingrid) Bettencourt Pour l’Intelligence de la Main. « Ma passion est de cultiver la tradition et de la bousculer par l’innovation. Cela passe par le choix des formes, les matériaux et de nouvelles technologies. » La somme de ces cocktails est époustouflante et séduit aussi bien les esthètes que les entreprises qui lui commandent aménagements d’espace, objets, mobiliers. Enfin, l’artiste est aussi humaniste, qui projette de concevoir un mobilier adapté aux personnes âgées. « Je veux réduire le processus de vieillissement des seniors en leur permettant de rester plus longtemps chez eux grâce à des meubles adaptés ». On savait que Ludovic Avenel avait deux mains ; il a aussi un coeur.
MOLUSK : Bijouterie fantaisie
(Stand E23)
À 24 et 27 ans, Anthony Masure et Lucille Saliou, tous deux issus de l’école Dupérré, ont uni leur jeune énergie pour la transformer en… plastique ; c’est en effet le postulat de Molusk, leur société, où l’on dessine sur un logiciel les motifs des bijoux en devenir avant de dorer, découper à la main, souder et fondre les pièces qui formeront un bijou. « Ce sont des bijoux fantaisie, nous dit une Lucille enthousiaste, et donc, ce sont les jeunes femmes et les adolescentes qui sont au coeur de notre cible. Après le Québec où nous sommes très bien accueillis, notre prochain objectif est de prospecter à New York. » De salons en concours, le duo voit venir à lui boutiques et points de vente séduits par des prix doux.
METIERS D'ART
YANNICK MUR : Bijouterie
(Stand F14)
Quel rapport entre la danse classique et la broderie ? A priori aucun ; si ce n’est Yannick Mur, ancien professeur de danse classique et créatrice autodidacte, qui, brodant longtemps autour de substances hétéroclites, finira par réaliser sa première collection de bijoux en 1997. Des galets polis, des fragments volcaniques, l’ivoire végétal, fruit d’un palmier de la forêt amazonienne, et d’autres matières rapportées de ses nombreux voyages signent la singularité de cette artiste. « Je danse toujours, tous les jours, et cette discipline m’inspire les formes de mes bijoux, sautoirs, colliers ou bracelets qui doivent épouser les formes des femmes qui les portent. « Ajoutons qu’aux matières nobles (ébène, bois sombre, soie, or, argent, etc.) et aux dessins géométriques - et aux bijoux parfumés à ses propres élixirs - Yannick sculpte l’or, ou plutôt brode au fi l d’or (ou d’argent) qui
autorise des lignes fines et percées de lumière. Les bijoux de Yannick Mur, parfumés aux fragrances lointaines, racontent une histoire unique ; comme ses réalisations qui obéissent à son éthique « écoresponsable », selon ses propres termes.
BEATRICE RIGAUD : Papeterie d'art
(Stand H3)
Béatrice Rigaud vit et peint à Guérande où le sel de son art prend forme selon son originalité. En effet, cette ancienne élève des Beaux-Arts de Boulogne, qui se fi t connaître en créant des lignes de papeterie haut de gamme, conçoit des tableaux avec des végétaux ou des… légumes. Oignons, poireaux, aubergines, choux ou petits pois d’une part et iris sauvage, lin, bambou, etc.,
de l’autre concrétisent une forme d’art « bio » et beau. « Pour le Carrousel, je lance un nouveau concept : un tableau lumineux
avec mes papiers oignons/poireaux qui, comme tous mes autres tableaux, sera unique. » Comme cette artiste qui cuit des kilos de
légumes avec un masque à gaz sur le nez au-dessus de la marmite. « Il me faut jusqu’à 30 heures de façonnage par tableau. En fait, c’est le principe du papyrus égyptien qui se conserve pendant des millénaires. C’est en Égypte, où je me rends souvent, qu’un vieux monsieur m’a enseigné cette technique. » L’émission télévisée « Des racines et des ailes » lui consacrera en février prochain un temps aussi précieux que ses oeuvres.
LAPPARRA : Argenterie orfèvrerie
(Stand H1)
D’abord il y a l’enseigne, l’une des plus prestigieuses en terme d’argenterie orfèvrerie. Puis il y a l’atelier, insensible au temps qui passe depuis sa création par Monsieur Lapparra en 1893. Olivier Gaube du Gers a repris cet héritage spirituel il y a une dizaine d’années et redonné une seconde jeunesse aux « produits » phares de cette entreprise connue dans le monde entier pour ses collections de couverts en argent (150 modèles), qui racontent la cour de Louis XIV, les campagnes napoléoniennes et les Années folles. « Nous possédons toujours la matrice originale qui autorise la production de couverts époque napoléonienne », nous enseigne Monsieur Gaube du Gers dont les ouvriers déclinent le savoir-faire en concevant de luxueux candélabres, chandeliers en
or ou argent, coupes et trophées. Un show-room sur place, rue du Temple, et une vitrine au Ritz constituent l’essentiel d’une exposition plutôt confidentielle compensée par une réputation internationale. « Une de nos lampes Napoléon trône dans le bureau présidentiel à l’Élysée ; et la plupart de nos créations prennent place chez les Russes argentés et à Dubaï. » Si vous êtes milliardaire, ou si vous comptez le devenir, n’oubliez pas Lapparra sur la liste de vos emplettes.
ANNE-MARIE GASPAR :Créatrice et restauratrice d'ombrelles
(Stand E13)
« Je suis née dans une ombrelle », se félicite Anne-Marie Gaspar. « Mes parents ont créé une fabrique en 1937, où l’on concevait
des poignées de parapluie dans des matières précieuses comme l’ivoire ou la corne. En 1974, j’ai repris l’entreprise que j’ai un peu industrialisée, mais en continuant de travailler pour Hermès ou Vuitton (pour qui nous faisions toute la production), et tous les
défi lés de haute-couture ». La récession et la crise sont passées par-là et aujourd’hui, Anne-Marie Gaspar restaure les ombrelles
anciennes, les parapluies et les cannes tout en travaillant pour les grands couturiers, le cinéma ou le théâtre. Inutile de dire que ce
carnet d’adresses est justifié lorsqu’on contemple ses ombrelles en soie ou ses cannes en bois précieux et aux pommeaux sculptés. Sofia Coppola, qui mit en scène une « Marie-Antoinette » à la sauce yankee, a trouvé ici même toutes les ombrelles nécessaires au
film à succès. « J’ai passé deux nuits blanches de suite pour cela mais j’ai adoré ! Avec ce film, elle a fait travailler beaucoup d’artisans français. » La commande la plus dingue ? « Celle d’un prince du Qatar qui voulait des pierres précieuses au bout de toutes les baleines et sur la poignée d’un parapluie ». Cette extravagance n’est pas incompatible avec la subtilité d’un art méconnu, celui de ces ombrelles, dont certaines remontent au XVIIIe siècle.
EBENISTERIE
VITTORIO SERIO
(Stand Salle Soufflot)
Vittorio Serio a été formé par son père et ses pairs de l’École Boulle, et règne sur le Faubourg Saint-Antoine depuis son atelier sous verrière ; parler de galerie d’art serait plus juste tant il est vrai que ses tables, commodes ou fauteuils (une infime partie de son travail) réinventent la notion de mobilier. Résolument contemporain, luxueux et magnifique, son art s’éloigne de toutes les conventions sans renier pour autant l’héritage des anciens. « La création est la voie de sortie des métiers d’Art si on ne veut pas qu’ils fassent du "sur place". C’est pourquoi j’ai fondé, en 2001, l’EAC (Exposition des Artisans-Artistes Créateurs) » qui doit promouvoir cette nouvelle – et légitime – définition. Il est aussi Président des Artisans de Paris et croule sous les Prix, les distinctions et les commandes. « Il m’arrive de consacrer 5 ans à un meuble mais c’est le prix de l’excellence puisque j’utilise les plus beaux matériaux et que j’invente des conceptions. En plus j’adore les « secrets », ces tiroirs ou compartiments cachés actionnés par des mécanismes manuels et cela prend du temps. » Des bois et des objets rares pour un artiste rarissime qui doit son succès aux collectionneurs étrangers. « J’ai une galerie à New York qui m’expose et je me bats pour que mes condisciples, ceux qui ont à coeur mon exigence, soient promus en France à leur juste valeur. » 150 meubles créés en 30 ans de métier, voilà une juste idée de l’élitisme.
NATHALIE FIENO
(Stand C10)
L’Atelier de Nathalie Fieno a vu le jour en 1999 après que cette jeune femme a consacré quelques années à l’entreprise. Sa passion et son credo ? La mosaïque. Mais pas uniquement dans son acception traditionnelle si l’on sait qu’aux éléments classiques (pâte de verre, pierre, marbre, etc.). Nathalie Fieno ajoute des morceaux de verre, de la ferraille, des vis ou encore des circuits électriques. « C’est vrai que je mélange des matériaux qui ne sont pas "nobles" mais c’est la définition de la mosaïque, finalement. » Et cela ne gâche en rien, bien au contraire, la réalisation de ravissants guéridons, miroirs, coffrets ou tables ; complétés par de nombreuses commandes de particuliers, et parfois de décorateurs. Comptez 70 Euros pour un cadre photo, jusqu’à plusieurs milliers d’Euros pour des pièces plus importantes.
PATRICIA CHARPENTIER
(Stand A3, A5)
Patricia Charpentier a épousé avec passion un métier d’homme en divorçant de son ancien gagne-pain, graphiste en informatique. « J’en avais assez du virtuel et je voulais passer à du concret. J’ai passé mon CAP à 31 ans et suivi une formation chez un professionnel ; quant au fait d’être une femme, cela n’a jamais été un handicap. J’ai créé ma société Epur et en tant que menuisier-ébéniste je fais de la restauration mais surtout de la création. J’aime beaucoup travailler les bois dans leur teinte naturelle. Par exemple l’érable sycomore sur lequel je travaille en ce moment demeurera en l’état. Je travaille sur commande et sur mesure. » Du sur-mesure éminemment féminin et par conséquent inestimable.
METIERS D'ART
MICHEL CHARBONNIER : Origami
(Stand C35)
La vocation de Michel Charbonnier lui est venue sur les bancs de l’école ; comme beaucoup d’entre nous quand il était plus
drôle de concocter des avions ou des cocottes en papier plutôt que d’écouter des profs assommants. Sauf que lui en a fait un
art en s’inspirant des techniques venues du Japon. « Pour pratiquer l’origami (le pliage) il faut un sens du mécanisme. C’est mon cas, j’ai toujours aimé la géométrie et c’est à mon sens un postulat. » Le résultat est à la hauteur de la complexité de la discipline. En quelques minutes, Monsieur Charbonnier plie des feuilles qui renaissent sous la forme d’animaux (un rhinocéros grandeur nature spectaculaire) de décors de théâtre, ou de luminaires – sa spécialité. « Il y a trois catégories dans l’origami, notamment l’art de plier une feuille de papier sans la couper. C’est ce que je pratique, entre autres, pour ma collection de lampes. » À découvrir d’urgence !
CLAUDE JEANTET
Carton ondulé
(Stand A25)
Le carton ondulé présente des ressources insoupçonnées que Claude Jeantet a su exploiter avec une habileté et un art rares.
« Je suis architecte de formation et j’ai très tôt élaboré des maquettes en carton, qui n’est pas a priori un matériau très noble mais très facile à travailler et à trouver. Ensuite, on m’a demandé des livres dans lesquels j’expliquais le travail par étapes d’objets à faire soi-même et, finalement, j’ai produit mes propres objets en les commercialisant ». Le procédé, nous dit-elle, n’est pas récent mais a pris une dimension importante pour des raisons écologiques notamment. Claude Jeantet, elle, fabrique des objets sur commande, et exhibe une étonnante horloge Art-Déco qui voisine avec des cadres et beaucoup d’animaux, son péché mignon. « La marqueterie de carton, que j’ai initiée, est ma vraie spécialité. Ma commande la plus extravagante a été un énorme dragon pour une soirée d’une équipe de rugby du Pays de Galles. Mais je préfère travailler avec minutie les petites pièces ». Les enfants et leurs parents goûtent cet art ludique, financièrement très accessible mais techniquement complexe.
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  Abdou Fataï Abiola (photo N. Schiffmacher)  Sarah Radulescu (photo N. Schiffmacher)  Michel Charbonnier (photo N. Schiffmacher)
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