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Laurent Wolf
Wash My World


No Stress pour Laurent Wolf qui cartonne en tête des charts avec son single et son album « Wash My World ». Une belle consécration pour un artiste qui tire l’électro vers le haut tout en élargissant son public…

Tony Gomez

Laurent, comment as-tu démarré ? Je suis né professionnellement parlant en 1992 au Queen. J’ai vraiment eu la chance de faire partie de ce club qui était le tout premier 100% électro en France. A l’époque c’était une musique quasiment undergound et c’était le seul endroit où l’on pouvait jouer électro toute la nuit. Ce club a été mon école tout comme celle de David Guetta, d’Antoine Clamaran ou bien encore de Martin Solveig. On a tous fait nos armes là-bas.

A ton avis, comment les Dj français ont su s’imposer à l’instar des Dj’S étrangers ? Le Queen a été également précurseur en faisant venir les Dj’s stars des Etats-Unis ou d’Angleterre comme Erick Morillo, Junior Vasquez et David Morales. Lorsque nous Dj’s français nous les avons vu arrivés, on s’est demandé pourquoi il y avait autour d’eux une telle starification. On s’est très vite rendu compte que c’était parce qu’ils produisaient de la musique. Ils faisaient des clips pour la télévision et remixaient également Jamiroquaï ou bien encore Madonna… C’est là où je me suis dis que si je voulais franchir le cap il fallait absolument que je passe à la partie création et production de ma musique.

A quand remonte ta toute première création ? C’était en 1998 : House train qui est resté N°1 des clubs pendant 4 mois. J’ai eu de la chance car mon premier morceau à tout de suite fonctionné. En 2004 mon second album « Positive Energy » est sortie et j’arrivais à composer les titres de A à Z sans utiliser de sample. Le troisième était un album très vocal avec des voix sur chaque titre. Un « échec » commercial mais pour moi un tremplin pour maitriser la chanson sur l’électro.

Avec Wash my World tu fait évoluer l’électro en donnant un sens au mot et en cherchant à faire passer un message. Souvent dans la dance music on n’a des textes assez légers. Quand on traduit cela donne « lève les mains » ou « tout le monde sur la piste »… ! Là le challenge c’était de maitriser les mélodies sur l’électro et de maitriser aussi les textes. La principale difficulté en France c’est que l’on a un public qui ne fait pas forcement la démarche de traduire les textes qui sont en anglais. C’est pour cela que j’utilise du franglais, des termes compréhensibles de tous comme « No Stress ». Quant au message, je suis un Dj mais aussi un citoyen et comme tout le monde je suis très affecté par les problèmes d’environnement. Je suis très sensible au développement durable dans le respect de l’écosystème…

Dans les années 90, on a imposé l’électro. Es-ce que tu crois qu’il y a des phénomènes musicaux qui ressurgissent ou tu crois que l’on est comblé ? Beaucoup de choses ont été faites et il est difficile de surprendre maintenant à travers un nouveau style radical. Mais ce qui est bien c’est que l’on a banni les frontières entre les styles musicaux et tous les mélanges sont permis.

Désormais, l’Electro n’est plus l’affaire d’une génération… Oui, j’en ai encore eu la preuve à la Réunion avec une série de concert gratuit organisé par NRJ. Le public allait de 7 à 60 ans et les plus petits dansaient sur les épaules de leurs parents en faisant des gestes de tektonik ! Il y a 15 ans on avait un boulet noir des qu’on disait les mots musique électronique, house, techno, dance. Je pense que l’on revit la même période que mai 68 ou le Rock est arrivé et a fait très peur à la ménagère de plus de 50 ans et aux médias. On se rend compte désormais que c’est bien de la musique à part entière…

 


Photo Seb & Enzo
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