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La Passion du Christ
Seydnaya et Ma'aoula


La Syrie pays musulman ? Certes, mais nullement théocratique et pleinement laïc. Pour preuve, les 10 % de Syriens chrétiens (orthodoxes pour la plupart) et la préservation des trésors de la chrétienté qu’abritent de nombreux villages, notamment, aux portes de Damas, les villages de Seydnaya et Ma’Loula.

Christian Rol

Au commencement fut Seydnaya, à 26 kilomètres de Damas. Perché sur une colline dominant une plaine fertile, le monastère bâti à flanc de falaise par l’empereur Justinien accueille une cinquantaine de sœurs qui elles-mêmes reçoivent des pèlerins chrétiens et musulmans pour adorer qui une icône de Saint Luc l’Evangéliste, qui une pierre marquée d’une tache représentant, dit-on, la Madone. Nous apprécierons la fresque murale qui retrace l’histoire du monastère, les fastes orthodoxes de la chapelle et la vue sur la chaîne montagneuse du Qalamoun. Pour les plus fervents, il est possible de dormir sur place moyennant quelques Euros. En reprenant la route et votre bâton de pèlerin, vous arriverez à Ma’aloula, dernier village au monde où l’on parle l’araméen, langue du Christ utilisée par les communautés musulmanes et chrétiennes locales. Sur bien des points, ce haut lieu spirituel présente un intérêt. Pour le paysage escarpé et les falaises abruptes aussi bien que pour la douceur des plantations de noyers et d’abricotiers. D’ailleurs, en été, les damascènes fuient la fournaise pour se réfugier dans ce village dominé par une statue de la Vierge et bien sûr orné d’une mosquée en son centre. L’église et le monastère Saint-Serge, construits au IVè siècle, reposent à l’emplacement d’un temple païen dédié à Apollon dont il reste un autel sacrificiel. Les iconoclastes apprécieront, par définition, les remarquables icônes byzantines, le décorum et un Notre Père récité en araméen par une jeune fille. Au-delà de ces considérations religieuses et historiques, Ma’aloula incarne la belle harmonie entre communautés qui règne en Syrie. Pour preuve, la Fête de Saint-Serge le 6 octobre qui réunit des milliers de gens à Ma’aloula où la Croix et le Croissant s’effacent au profit d’un seul culte : la joie.

 
Photo N. Schiffmacher
Photo N. Schiffmacher

Photo N. Schiffmacher
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Photo N. Schiffmacher
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