La Mafia à Hollywood
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Avec « La Mafia à Hollywood », le journaliste britannique Tim Adler signe un document passionnant et édifiant qui dévoile les liaisons dangereuses depuis les années 20 jusqu’aujourd’hui, entre deux industries : celle du Crime organisé et le cinéma américain ; sans oublier la politique puisque deux hôtes au moins de la Maison Blanche figurent en lettres de néons dans le casting.
Christian Rol Adler n’est pas français et, par conséquent, ne nourrit pas cette naïve conviction que la Mafia est une figure de style, un truc folklorique glamour, que Kennedy était un play-boy sympa et Reagan un grand-père marrant. Au contraire, l’enquête est, presque malgré l’auteur, un réquisitoire impitoyable contre les mœurs décadentes de cette Rome en toc où, dès la Prohibition, les hommes de Chicago blanchissaient l’argent par le biais du financement de films, quand d’autres tenaient le Syndicat des Figurants et pouvaient par ce biais déclencher une grève s’ils n’obtenaient pas l’argent du racket des Studios. Ce sont eux qui faisaient la pluie et le beau temps, faisaient et défaisaient les stars et rendaient plus « digestes », par le biais de films sur mesure, l’Outfit. Et l’on remarquera que dans « Le Parrain », l’œuvre fondatrice, le mot « mafia » n’est jamais prononcé. Et pour cause puisque c’est elle qui a imposé Al Pacino à Coppola (qui par ailleurs, malgré ses origines siciliennes, ne voulait pas de ces amitiés encombrantes). James Caan, l’un des acteurs du même Parrain, aujourd’hui héros d’une mauvaise série sur les casinos de Las Vegas, serait également leur protégé qui tend, à travers cette série, à « blanchir » l’image des casinos et de Vegas notoirement tenus par la Mafia New Look. Et combien de vrais mafiosi ont joué, et jouent encore dans des films de gangsters. Quant à Monroe (et Kim Novak dans une moindre mesure), elle s’est trouvée coincée entre le clan Kennedy – le père fut notoirement associé à la Mafia au temps de la Prohibition – et la bande de Sinatra qui est une créature du crime organisé via Mickey Cohen. Cohen qui tenait le Hollywood des 50’s à divers titres et, notamment, en faisant chanter les stars qu’il mettait dans des situations compromettantes. Jerry Lewis, Dean Martin, Errol Flynn, Mitchum, Garland, Sinatra, lui doivent quelques « services », ainsi que les Kennedy qui, apprend-on, devraient leur ascension, puis leurs fins tragiques à cette « collaboration ». Sachant qu’on ne fait pas de bonne « littérature » avec des bons sentiments, on lira cet ouvrage en n’oubliant pas qu’il repose sur des générations d’âmes et de corps torturés, de morts violentes et de bien peu « d’honneur ». |
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