La galette des Rois
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Si le 6 Janvier est la fête des rois, cette date est également la fête des pâtissiers qui chaque année nous régalent de galettes truffées de fèves.
Arsène Corvec Avant que de devenir l’épiphanie chrétienne, le symbole de la reconnaissance du Christ par la terre entière, la fête des rois fut, dans l’Antiquité romaine et polythéiste, le jour des Saturnales célébrées en l’honneur du dieu Saturne. Le principe générait des fêtes beaucoup plus ostentatoires que celles prônées par le christianisme puisque, durant cette période, les maîtres laissaient aux esclaves toute latitude pour s’amuser au cours d’orgies dont Horace et Virgile relateront le caractère résolument paillard pour ne pas dire païen, à faire rougir le Marquis de Sade. En ces temps-là, les notions de Bien et de Mal n’existaient pas encore alors même que la fève était déjà présente aux cours de ces ripailles où celui - ou celle - qui avait tiré la figurine s’assurait la place de roi ou de reine d’un soir. De là à parler de la Fève du Samedi soir il n’y a qu’un pas que l’Eglise refusera de franchir en gommant de son calendrier l’évènement au profit de la solennelle visite dominicale à l’enfant Jésus de Balthazar, Melchior et Gaspard, les Rois mages. Exit donc les bacchanales ; bonjour les repas de famille. Heureusement, les galettes succulentes demeurent, et les fèves en porcelaine (ou plastique) ont succédé dès 1870 au hiératique haricot liturgique. De cette galette, chaque année meilleure si l’on sait où la prendre, la chronique nous assure que sa recette actuelle serait née à Besançon où l’on se contentait d’une pâte feuilletée recouverte de sucre et de beurre. Heureusement, la formule a évolué vers des sommets savoureux (la crème d’amende n’y est pas étrangère) dont chaque pâtissier garde jalousement le secret. |
![]() Photo N. Schiffmacher |
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