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Il n’y a pas de fantômes à l’Opéra de Damas mais une foule nombreuse qui, pour une somme modique, peut jouir de trois salles à l’acoustique parfaite pour des représentations qui ont fait le tour du monde. Le Docteur Nabil Al-Lao, son Directeur Général, n’est pas étranger à cette réussite qui verra son apothéose au cours de l’année 2008.
Propos recueillis par Christian Rol
Cigale : Au cours de l’année 2008, qui est celle de Damas comme Capitale Arabe de la Culture, l’Opéra de Damas semble occuper une place privilégiée?
Dr Nabil Al-Lao : En effet, nous avons un calendrier éclectique qui alterne les ballets traditionnels syriens, des spectacles étrangers, et notamment français - en particulier une Carmen française avec l’Opéra de Lyon - et beaucoup d’autres productions en liaison avec les institutions européennes. Evidemment, 2008 est une belle opportunité pour ouvrir notre maison au reste du monde, d’autant que sur le plan de l’acoustique, que d’un point de vue artistique, nous valons largement les capitales européennes. Mais cela reste à l’appréciation des spectateurs (NDLA : effectivement l’Opéra de Damas, une gigantesque réalisation, est à tout point de vue supérieur au fiasco de la Bastille)
Avez-vous sollicité de grands noms qui vous ont donné une fin de non-recevoir ?
Il est bien évident que des considérations non artistiques entrent en ligne de compte et justifient certains refus, heureusement compensés par la présence de grands artistes comme ceux de la Scala de Milan il y a deux ans.
Quelle est la vocation, outre celle artistique, de l’Opéra de Damas ?
Notre grande ambition est autant de faire connaître nos artistes aux étrangers que la Culture au public syrien. Notre vocation d’ouvrir la culture à tous nous a d’ailleurs incité à laisser entrer gratuitement le public pendant deux ans, de 2004 à 2006. Ainsi, nous ne sommes ni élitistes ni démagogues. Cette maison qui dispose de toutes les techniques de pointe a vu le jour grâce à l’argent du contribuable syrien. Il est normal qu’il puisse en profiter. Aujourd’hui, le prix maximum est de 2 Euros. Les étudiants, eux, ont 50% de réduction sur ces tarifs. C’est un choix politique, sociétal et culturel.
Sur quels critères avez-vous été choisi pour diriger cet Opéra ?
Je suis professeur à l’Université de Damas. J’ai fait un doctorat en France où j’ai passé une dizaine d’années - je suis un lyonnais de cœur. Je suis partiellement détaché du Ministère de l’Enseignement Supérieur vers celui de la Culture. J’ai été nommé Doyen du Conservatoire National Supérieur de Musique pendant trois ans et j’ai pris la tête de la Maison de l’Opéra en 2003. Par ailleurs, je suis compositeur (j’ai reçu un Prix en 1999 au Caire) et j’ai été musicien et chef d’orchestre à Lyon. Je suis donc à la fois mélomane et musicologue. Je suis devenu par la force un gestionnaire mais je dois beaucoup à mes collaborateurs qui parlent au moins deux langues étrangères, notamment le Français puisque nous gardons une place dans notre cœur pour votre culture. En ce qui me concerne, le mien demeure à Lyon où j’ai effectué une partie de mon éducation. Que les Français viennent nous voir et ils auront une idée de l’hospitalité syrienne…
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 Photo N. Schiffmacher  Photo N. Schiffmacher  Nabil Al-Lao (Photo N. Schiffmacher)
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