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Ouvrez le « Chapitre 7 » du livre musical de MC Solaar. Le chanteur français dans son nouvel album explore les thèmes qui lui sont chers et joue avec les mots comme avec les tempos pour un album métissé où le rap flirte parfois avec l’oriental et le reggae.
Tony Gomez
Tony Gomez : Claude, ce nouvel album s’inscrit dans une continuité avec ton travail précédent, c’est donc bien un nouveau chapitre…
MC Solaar : En fait, je tiens à me fixer quelques standards de base. Je veux que mes textes soient écrits, sans pour autant être littéraires, je souhaite aussi faire passer des idées et qu’il n’y ait pas d’exclusion dans mes chansons. Que ce soit dans des morceaux marrants, ou quand je porte mon regard sur le monde, il y a toujours une même thèse pacifiste : que les gens se rencontrent. C’est comme cela que ça fait une histoire. Je ne connais pas la recette, mais je sais ce que je ne veux pas. Alors le livre évolue. Au départ, je racontais ma vision des quartiers. Puis ensuite une vision un peu plus française parce que j’en avais fait le tour avec des concerts dans de nombreuses villes. Après j’avais fait des concerts à l’étranger, donc j’avais une vision un peu plus en recul. Je parlais toujours de la France et des quartiers mais à travers les Maliens ou les enfants soldats de l’eau. Bien entendu, j’évolue avec mon vécu.
Si les thèmes évoluent, les tempos se suivent également avec des sonorités différentes…
Ce que je voulais faire depuis très longtemps, c’était le tour du monde en 45 tours. À l’époque où il y en avait encore dans les années 90, je voulais aller à chaque fois dans un genre pour parler du Monde. Alors on a fait des morceaux arabes, comme « Hasta la vista », on a fait des tentatives en russe et même, suite à des concerts au Brésil, on a voulu faire un morceau sur ce que l’on a vu, une sorte de guide… On essaye de ne pas toujours faire que du rap. On retrouve donc dans cet album un reggae mais aussi un morceau un peu plus oriental…
Tu laisses bien entendu une vraie place au pur style rap…
Oui, avec des chansons spontanées, express. « Sous les palmiers », par exemple, c’est suite à un concert aux Antilles. On a rapé le morceau juste après. C’est une carte postale genre soirée diapo, et « Si on te demande » c’est la même chose. On voulait lancer l’expression « Si on te demande » comme on a lancé « bouge de là » ! Là je suis à un retour du rap basique, celui où les gens racontaient leurs quartiers, avec les principes de Peace, love, unity, havin' fun… C’est de l’« Edutainement » : on éduque et on fait de l’Entertainment.
Tu te promènes en tous cas dans un joli univers, très philosophe, à plusieurs vitesses… et pour plusieurs générations.
Moi je veux que cela rapproche les gens. Dans une chanson de l’album, je dis : « Ouvrir la porte au sentiment c’est peut-être l’ouvrir au bon moment. ». Il faut savoir regarder à côté de soi, le bonheur est là, même dans le métro.
En tous cas, ce chapitre VII est rempli de bonnes ondes à l’image de « Merci »…
Cette chanson, c’est comme mes souvenirs Feng Shui ! C’est un bilan que j’ai fait à un moment donné des belles images que j’ai eues. J’ai rempli trois pages et j’aurais pu continuer et continuer… je me rends bien compte que j’ai un métier formidable. Je suis musicien, je donne du bonheur et j’en prends. Je suis conscient d’être de plus en plus aimé… Quand je sors, les réactions des gens sont super ! Cela me fait plaisir, et c’est moi qui dis merci !
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 Photo DR  Tony Gomez   Photo DR
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