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Jusqu’au début du XXe siècle, le four à pain, comme le lavoir ou la fontaine, a été au centre de la vie paysanne ; avant que le monde moderne ne vienne condamner ces petits édifices représentatifs de l’architecture traditionnelle régionale.
Arsene Corvec
S’il est une singularité que Paris ne peut revendiquer, c’est de compter intra-muros ces fours à pain dont nos campagnes peuvent encore témoigner. Quelques hameaux – plus rarement de grosses bourgades – et d’anciennes communes lovées autour d’une gentilhommière ont conservé ces vestiges séculaires d’un savoir-faire et d’une vie traditionnelle totalement atomisés par les bouleversements du début du XXe siècle et le «progrès» si chèrement imposé.
Apprendre l'histoire à travers le four à pain
À l’heure du tourisme «culturel» et des subventions tous azimuts, certains ont pris l’heureuse initiative de procéder à la restauration de ces maisons de poupées où l’on cuisait, depuis le Moyen-Âge, le pain qui nourrirait les terroirs de nos ancêtres. L’initiative est d’autant plus salutaire qu’elle autorise les historiens amateurs à discerner les diverses techniques utilisées au cours des siècles et à appréhender le mode de vie des communautés intéressées. Du four banal des temps féodaux au four communal, et parfois privé dans les fermes isolées ou les châteaux, ces modestes maillons du patrimoine présentent divers intérêts et, notamment, pour certains propriétaires particulièrement assidus, de cuire leur propre pain et de renouer avec les gestes d’antan et de «faire au four» selon l'expression consacrée; quand, jusqu’au tournant du deuxième millénaire, les familles se pressaient autour du pétrin et du four pour y cuire un gros pain odorant à la croûte onctueuse.
Une nouvelle approche de la fabrication
Bien sûr, ce mimétisme est affaire de citadins pétris «d’authenticité» estivale plutôt que de ruraux épris de formica. La fabrication du pain domestique – très en vogue chez nos amis bobos, mais selon des procédures radicalement différentes – a cessé avec l’abandon des champs de céréales cultivés en famille. Le pain, fruit de la Terre et du labeur des hommes, n’a jamais été une partie de plaisir… sauf au moment de sa dégustation.
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