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L'avenir est à la vélorution


On ne le dira jamais assez: la vélorution est l'ébauche d'une révolution écologique. Petite liste non exhaustive de ses qualités.

Antoine Waechter

La bicyclette a, très tôt, été le symbole d'une certaine manière de vivre. Au début des années 80, Julos Beaucarne, chanteur et poète belge, chantait la vélorution en réaction au déferlement de la voiture. En 1974, René Dumont affirmait que ce serait une catastrophe si les Chinois abandonnaient leurs vélos pour une motocyclette : or, beaucoup d'entre eux passent directement de la bicyclette à la voiture. Et c'est ainsi dans une grande partie du monde : le parc automobile, estimé à 800 millions de véhicules en 2000, sera de 2,2 milliards en 2050, selon les Nations Unies. Selon les mêmes sources, les émissions de gaz à effet de serre seraient multipliées par deux. Lester Brown estime que les Chinois consacreront au stationnement et à la circulation de leurs voitures, en 2040, une superficie équivalente à celle de leurs rizières. La France ne donne pas l'exemple : avec, en moyenne, 0,52 automobiles par habitant les émissions de gaz carbonique liées aux transports ont augmenté de 22 % depuis 1990 alors que le pays s'était engagé, à Kyoto, à les stabiliser.

Les défis posés à l'Humanité par le réchauffement climatique, la fin prochaine des hydrocarbures, la pénurie de céréales et de lait et le renchérissement des matières premières mobilisent enfin l'attention de la majorité des gouvernants de la planète. La bicyclette apparaît comme une réponse, tout au moins dans les villes, complémentaire au tramway, qui connaît une nouvelle jeunesse. La vélorution officielle serait-elle en marche ?

Dans les années 1980, Ivan Illich, prêtre philosophe, avait calculé que le cycliste se déplace plus rapidement que l'automobiliste, dès lors qu'à la vitesse de déplacement instantané est ajouté le temps de travail nécessaire pour payer l'acquisition, l'entretien et le fonctionnement de la voiture. Le calcul est imparable, mais la société a, jusqu'à ce jour, vécu dans l'instant.

Le vélo a de nombreux autres avantages : il est moins onéreux que l'automobile, sa pratique est excellente comme exercice physique, son usage ne pollue pas, il est silencieux, durable, réparable par son utilisateur et, au besoin, entièrement recyclable. De plus, son stationnement exige peu de place.

Son expansion dans les villes, défendues depuis des décennies par de nombreuses associations, comme les Comités d'Action Deux Roues, exige cependant de lever deux freins substantiels : la sécurité du cycliste face à la circulation motorisée et la sécurité du cycle face aux voleurs. Les moyens existent. Leur mise en œuvre suppose que l'automobiliste accepte que le règne des deux roues succède à celui de la voiture.

René Dumont et Ivan Illich s'amuseront sans doute de ce pied de nez de l'histoire, qui consacre le retour du vélo, du piéton et du tramway dans les villes du XXIe siècle. C'est çà la révolution (au sens géométrique du terme) cycliste.

 


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