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Les 20, 21 et 22 mars prochains, le Carrousel du Louvre accueillera Musicora, le salon de la musique classique et acoustique avec pour thème « sur un air de jeunesse » Thème et Variations…
Alexis Sainte Marie
Cette année, le salon élargit son horizon : il ne sera plus question seulement de classique, mais également de jazz, de musique manouche, de world… Si pendant ces trois jours, les musiciens seront à l’honneur, les artisans du monde de la musique ne seront pas en reste. En cette fin de mois de février, Cigale a pu rendre visite à quelques-uns d’entre eux…
JAN BARTOS, LUTHIER
Voilà près de trois ans que Jan Bartos a posé ses valises rue du Vertbois, après dix années en Italie, dans l’atelier du célèbre luthier Eric Blot. Jan Bartos, lauréat de nombreux prix internationaux, est spécialisé dans la facture de violons, bien qu’il ne rechigne pas à fabriquer parfois quelques altos et violoncelles. Avec humilité, partant du principe qu’en matière de lutherie le meilleur existe déjà, Jan Bartos copie les modèles anciens qui donnèrent au violon ses lettres de noblesse. Ainsi réplique-t-il entre 2005 et 2007 un Stradivarius de 1708, trois Guarnerius de 1735, deux Guadagnini de 1769… Lorsqu’ils font appel au jeune luthier, les musiciens savent que leur instrument sera conçu dans les plus pures règles de l’art. Il y a des traditions qui ne se perdent pas…
Stand N11 Salle Le Nôtre
www.janbartos.eu
BORIS FRITSCH, ARCHETIER
En se consacrant presque exclusivement à la confection d’archets de contrebasse, Boris Fritsch le reconnaît, il a « choisi la niche dans la niche ». Ce jeune artisan aux impressionnantes lunettes carrées ne cherche pas la publicité – sa réputation suffit à faire exploser son carnet de commandes. Avec passion, il nous parle de ses archets en bois de pernambouc, aussi appelé bois-brésil en raison de sa couleur rouge braise. Ce bois, emblème national du pays auquel il donna son nom, présente des qualités de résonance inégalées. Malheureusement, la déforestation fait des ravages en Amérique du Sud… Ainsi, tant par intérêt professionnel que par conscience écologique, les archetiers se sont réunis en une Initiative Internationale pour la Conservation du Pernambouc (IICP) qui replante à grande échelle le précieux arbre. Mais un archet, c’est aussi de l’ivoire – et l’éléphant est une espèce très menacée. On se sert donc aujourd’hui d’ivoire de mammouth sibérien ! Boris Fritsch irait vraiment au bout du monde pour offrir au musicien qui lui passe commande l’archet qui lui conviendra le mieux…
Stand M10 Salle Le Nôtre
PHILIPPE JOLY, FACTEUR DE PIANOFORTE
À voir la place que prennent pianos et pianoforte chez Philippe Jolly, on imagine la place qu’ils occupent dans sa vie… Il y a quelque chose de la caverne d’Ali Baba dans son atelier/appartement, un ancien garage automobile perdu du côté de la place Denfert-Rochereau. Ici, un Erard, un Pleyel remis à neuf – là, un clavicorde en cours de restauration – dans un couloir, le piano de l’éditeur de Chopin, Schlesinger, sur lequel le maître du romantisme promena sans doute les doigts. Et côté fabrication, combien de pianoforte Jolly jusqu’ici ? « 1,75 ! », nous répond-il en riant – mais si tout se passe bien, c’est un Jolly qu’il présentera au salon Musicora. Le pianoforte est à la fois le descendant du clavecin dont il garde le son métallique et l’ancêtre du piano moderne. Philippe Jolly n’a pourtant rien d’un nostalgique : pour lui, copier un instrument ancien est à la fois « impossible et inutile ». Mais tandis que les pianos d’aujourd’hui obéissent à des normes de fabrication précises, la facture des pianofortes relevait de l’empirisme le plus pur. C’est avec cet esprit de recherche que Philippe Jolly veut renouer, avec ce goût de l’expérimentation, de l’avancée à tâtons.
Et à la question « mais qui achète un pianoforte, aujourd’hui ? », l'artisan nous répond du tac au tac « des gens aussi fous que moi ! » – avant d’ajouter avec un sourire malicieux : « si ça existe… »
Stand H1 Salle Soufflot
www.pianoforte-jolly.fr
COUP DE COEUR: LES 24 VIOLONS DU ROI
Si le rayonnement de la cour du Roi Soleil fut si grand, c’est entre autres pour son ensemble orchestral composé de douze violons, quatre hautes-contre, quatre tailles et quatre quintes. Cet édifice sonore unique au monde devint célèbre sous le nom des « Vingt-quatre violons du Roi ». Cependant, au fil du temps et sur le modèle italien, les altos, les contrebasses et les violoncelles remplacèrent les hautes-contre, les tailles et les quintes… En termes d’écriture, ce fut la fin du contrepoint – la musique baroque céda la place au classique.
Le Centre de Musique Baroque de Versailles et Les Folies Françoises que dirige le violoniste Patrick Cohën-Akenine ont voulu redonner vie aux « Vingt-quatre ». Problème : les quelques quintes, tailles et hautes-contre qui subsistent ont souffert de l’usure du temps et il n’existe aucun traité relatif à leur fabrication… Il fallut donc tout le talent d’Antoine Laulhère et Giovanna Chitto da Brescia pour mener à bien l’ambitieux projet. Dans leur travail, les deux luthiers ne purent compter que sur leur oreille, déduisant des partitions de l’époque la teneur de chaque son, le timbre de chaque instrument. Finalement, après deux ans d’une recherche acharnée, leur récompense fut de voir les Vingt-quatre violons du Roi renaître de leurs cendres.
Stand N2 Salle Le Nôtre
www.violino.fr
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 jan Bartos dans son atelier  Le pianoforte Jolly et son créateur  Il y a deux ans, Antoine Laulhère et la première quinte terminée...
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