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Ca gratte, ça coche, ça flambe et ça se soigne. Les jeux d’argent n’ont jamais autant attiré les Français. En 2007, ils étaient près de 29 millions à participer à un des jeux de la Française des Jeux, soit un million de plus que l’année précédente. Le PMU, numéro un des paris hippiques en Europe, a, lui, augmenté de 9% son chiffre d’affaires (8 841,6 millions d’euros). Quant à la Pokermania, elle flambe : 30% de joueurs en plus l’an dernier. Une manne pour le Trésor qui empoche, en taxes diverses, près de 10% du chiffre d’affaires du marché global des jeux.
Françoise Lemoine
Loïc, la soixantaine alerte, a décidé de renouer avec son vice préféré : le loto foot. Il y a dix ans, il avait arrêté après avoir atteint son but : gagner dix millions de francs, pour s’offrir une Austin, mais depuis deux ans il a remis le doigt dans l’engrenage : . Loïc n’a pas besoin de jouer pour gagner de l’argent, pour lui c’est un amusement, un passe-temps : . Loïc fait ses comptes, pour mille cinq cents euros d’investissement, il a perdu, l’an dernier, cinq cents euros. Pour lui, le jeu le plus rentable reste sans aucun doute le Coté Match, mais il préfère la grille du loto foot: . Loïc ne se considère pas comme un grand joueur. Il estime miser petit, tout est relatif… . Il se souviendra longtemps de ce jour de septembre où 2 500 000 centimes lui sont passés sous le nez. En pensant s’être trompé, il avait rectifié une donnée au dernier moment. C’est la première version qui avait gagné : , ironise-t-il.
Florence, elle, est addict à tous les jeux . Depuis dix ans, tout y passe : loto, grattage, machines à sous: , se lamente la jeune femme, mère de deux enfants. Tout commence après son divorce : . Pour cet enfant de la DDASS, le jeu lui permet, d’avoir une reconnaissance : . Florence tente de sortir de ce pétrin en suivant une thérapie, mais en essayant aussi de se contenter de 20€ quand elle joue : , soupire la jeune femme.
Selon la Française des Jeux (FDJ), le jeu le plus lucratif reste l’Euro Million qui vient de fêter ses quatre ans d’existence. Le nombre de joueurs (14,7 millions) a progressé de 18% par rapport à 2006 et le nombre de gagnants est passé de 8 à 15. Fort de son succès, la FDJ lance au printemps prochain, un nouveau millionnaire et à l’automne un nouveau loto, le produit phare de l’entreprise publique (16,5 millions de Français). Elle vise ainsi une croissance de 25% d’ici à 2010. Des projets prévus pour notamment pallier le manque à gagner du rapido (moins de 10 à 15% en janvier). Une désaffection dûe, selon la FDJ, à l’interdiction de fumer : .
Le représentant de la Française des Jeux se déclare donc serein mais attentif comme la confédération des buralistes qui suit également le sujet avec intérêt : , optimise-t-il. La FDJ a d’autres projets en tête. Elle compte mettre prochainement en place des jeux en ligne, susceptibles d’intéresser, espère-t-elle, deux millions d’internautes. : < L’offre en ligne est le prolongement naturel de l’offre d’un réseau. Le sîte va permettre aux Français qui n’ont pas de point de vente à proximité de chez eux, de jouer>. Encore de nombreux accros en perspective…
Côté poker, la déferlante est également impressionnante : De Paris à Marseille, la France est saisie par la pokermania, où certains y laissent des plumes. Fait nouveau : les cinq cent milles joueurs bluffent de plus en plus tôt et les femmes ont pris le virus. A l’origine de ce succès : les sîtes internet qui ne cessent de proliférer, mais aussi les émissions de télé animées par Patrick Bruel, champion du monde 1998. Exit donc les tripots où les joueurs se dissimulaient derrière leurs cartes. On se retrouve de plus en plus entre amis pour taper le carton. Là au moins on peut jouer dans des ambiances enfumées et les effluves d’alcool :
. Parole de flambeur… Julien, joue depuis maintenant quarante-cinq ans, mais la donne a changé. Une fois par semaine, il clique sur internet . La partie entre amis est plus que jamais d’actualité : . Toucher les cartes, étudier ses adversaires, qui sont aussi ses amis et la montée d’adrénaline, sont pour Julien vitaux : .
Alors que les jeux d’argent sont interdits, de plus en plus de tables de jeux se constituent à travers l’Hexagone. Mais attention. Des étudiants du Havre, viennent d’en faire les frais. Ils pensaient financer un projet pédagogique, en organisant un tournoi de poker. Or, les Renseignements Généraux ont rapidement mis le holà, estimant que c’était assimilable à la tenue d’une maison de jeux et de hasard. Les jeunes s’en sont bien sortis. Un rappel à la loi leur a été signifié, mais ils risquaient au minimum trois ans de prison et 45 000€ d’amendes…
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 Photo N. Schiffmacher  Photo N. Schiffmacher  Photo N. Schiffmacher
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