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Incruste lors d'un déjeuner avec...
Vincent Perez


C’est à l’occasion de la sortie de la bande dessinée La Forêt dont il est l’auteur, que j’ai eu le privilège de déjeuner en tête à tête avec ce comédien aux multiples facettes: rencontre sous le charme avec Vincent Perez.

Annabelle Milot

Vincent Perez, bonjour, vous êtes le scénariste d’une bande dessinée: La Forêt. À qui est-elle destinée?
Elle est destinée à un public de 10 à 77 ans, à tous ceux qui aiment les légendes, les contes, la magie, et qui aiment les créatures étranges et curieuses qui font partie de notre imaginaire, de nos peurs. Pour les filles, c’est un parcours initiatique à la découverte du désir, ce désir qui est représenté en métaphore par des créatures que l’héroïne croise dans la forêt.
Et elle est surtout destinée à tous ceux qui voudront bien la lire!

L’histoire se passe en Bretagne, avez-vous une affection particulière pour cette région?
Oui, j’y suis allé pour la première fois lorsque j’avais dix ans, et j’ai eu un véritable coup de foudre, j’étais vraiment aspiré par la force mystérieuse de la Bretagne. Plus tard, j’y suis allé régulièrement, comme attiré par cette force qui s’est réellement révélée en Cornouaille ou dans la Forêt de Broceliande. On y trouve des endroits magiques.

Tiburce Oger a signé les illustrations de la BD. Pourtant, on dit que vous avez un joli coup de crayon, alors pourquoi ne pas avoir tenté, en plus d’écrire le scénario, de faire les dessins?
Parce qu’il fallait un vrai professionnel, quelqu’un qui puisse assurer ce travail dantesque très impressionnant. Il y a du Gustave Deret dans les dessins de Tiburce… Non, soyons sérieux, avec mon niveau je ne peux pas me revendiquer comme étant un dessinateur!

Vous vouliez faire une BD, Tiburce Oger vous y a aidé. Tiburce Oger rêve de faire du cinéma, allez-vous à votre tour l’y aider?
Évidemment, je lui donnerai des conseils autant que je peux, mais passer de la BD au cinéma, c’est un pas de géant qui n’est pas forcément évident à franchir. C’est un travail de longue haleine dans un milieu différent. Être dessinateur est un métier d’indépendant, au cinéma on est, par la force des choses, obligé de travailler avec une équipe.

Les héros de votre BD vont ont-ils été inspirés par des personnes existantes?
Oui, pour le personnage du moine ludique, innocent et coquin, nous nous sommes inspirés de Jamel Debouze, pour Merlin de Jean Rochefort. La princesse Titiana est directement inspirée de mes filles, elle a le tombé des cheveux de mes filles avec ses longues boucles noires, elle a aussi leur regard.
Pour le diable, Tiburce a pris un peu de moi, paraît-il…

Vous avouez avoir des difficultés à vous exprimer, dans la BD on peut noter cette phrase: «ce ne sont pas ceux qui savent le mieux parler, qui ont les meilleures choses à dire.» C’est du vécu?
Il y a effectivement des gens qui se servent extrêmement bien de la langue française, et qui finalement lorsque l’on écoute bien le fond ce qu’ils disent est assez vide. Pour moi ça vient aussi du fait que mon père est allemand, ma mère espagnole, et j’ai parlé très longtemps avec un accent suisse très prononcé qui me complexait… cela dit, j’ai l’impression de sortir un peu de cette période d’inhibition, j’essaye de m’ouvrir plus aux autres, peut-être que d’écrire «la Forêt» m’y a aidé…

Vous êtes né à Lausanne en 1964. Qu’y a t-il de plus suisse en vous?
Une idée de respecter l’autre, ne pas déranger est quelque chose qui m’a beaucoup limité dans ma vie. Aujourd’hui finalement j’ai presque envie de déranger, je n’y arrive pas beaucoup mais lorsque je vois mes enfants déranger autrui, je prends un malin plaisir à laisser faire, je me dis qu’ils prennent leur espace et c’est tant mieux!

Ca vous dirait qu’on se partage une tablette de chocolat suisse tous… tous les deux…
Oui, vous en avez?

Euh?... Non… Mais ne bougez pas, je vais en trouver une, je reviens !..

Ses préférences
Ton restaurant: Guy Savoie, La Fontaine Gaillon (le restaurant de Gérard Depardieu)
Ton théâtre: L’atelier
Ton musée: Le musée d’Orsay
Ton sculpteur: Ousman Sow
Ton vin: Le cheval Blanc « Je garde toujours les bouchons des très bons vins. »
Tes peintres: Balthus, Picasso

Signes particuliers
Ne peut pas se passer de la cuisine italienne et japonnaise o Va manger dans un restaurant secret à Paris (?) « la meilleure table de Paris » o Sculpte la terre cuite o Aurait aimé travailler avec Charlie Chaplin « le génie absolu », et Kubrick o Va jouer dans Rapsodie le rôle de Rakmaninoff dans une production américano-russe o A acheté les droits du livre Touch of death de Charles Wilson o Sait dire des gros mots en Russe.

Actu BD
La Forêt
Sortie chez Castermann. Scénario de Vincent Perez, illustrations de Tiburce Oger.
Actu télé
Paris Section criminelle
2 épisodes diffusés tous les jeudis soirs à 20h50 du mois de mai au mois de juin 2007.
Actu ciné
Code Apocalypse
Sortie en fin d’année en Russie.

 
photo N. Schiffmacher
photo N. Schiffmacher

Cadeau de l'équipe du film
Cadeau de l'équipe du film "Peau d'ange" pour son anniversaire

photo N. Schiffmacher
photo N. Schiffmacher

Couverture de la BD
Couverture de la BD "La Forêt"

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