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En avril, découvrons-nous d’un fil et partons à la découverte du hockey sur gazon, ce sport séculaire codifié par les britanniques et adopté par la gentry du stade Jean Bouin de Paris.
Sabine Corvec
Contrairement au rugby, le hockey sur gazon n’est pas un sport de voyous joué par des gentlemen. Ni même le contraire d’ailleurs. Un stade, une crosse, du fair-play et des protège-tibias constituent l’essentiel de cette discipline fort pacifique - contrairement à son cousin sur glace - qui consiste à courir après une baballe afin d’introduire celle-ci dans le but adverse en se jouant des forces antagonistes.
Hockey sur beaux quartiers
Le plus gros club parisien se situe dans l’élitiste XVIème arrondissement qui réunit trois cent membres sur dix mille licenciés en France. Gwénaël Sauvourel est entraîneur depuis dix ans et s’occupe de l’Ecole de Hockey auprès de deux cents enfants. « J’entraîne aussi les équipes première du Club Jean Bouin évoluant en Première Division. En France, il faut bien l’admettre, c’est une discipline confidentielle qui se transmet surtout dans le cadre familial entre générations et, indéniablement, dans des milieux plutôt aisés. Bien que cela soit un des plus vieux sports au monde (on le retrouve sur des fresques antiques) le fait qu’il ait été codifié par les Anglais au XIXè siècle contribue à son image élitiste. Alors même qu’il est très populaire au Pakistan, en Inde ou en Argentine. » Dans la sérénité du complexe Jean Bouin, les amateurs non avertis seront surpris de découvrir que sur le stade de quatre-vingt-onze mètres dédié à cet exotique passe-temps, l’herbe n’est pas plus verte qu’ailleurs. Et pour cause puisque le hockey sur gazon ne se pratique plus que sur des surfaces synthétiques. « Le gazon a été abandonné dans les années 70 au profit du synthétique mais cette transformation du terrain a beaucoup fait évoluer notre sport. Aujourd’hui, il est plus rapide et nécessite une plus grande vivacité. Par exemple, il n’y a plus de hors-jeu depuis une dizaine d’années. »
Un sport pour tous
Deux fois trente-cinq minutes de course, de dribbles à perdre haleine et surtout la position courbée, ne pousseront pas les fragiles de la sciatique à investir dans l’équipement. Quant à la crosse, une arme redoutable si l’on ne sait pas la maîtriser, elle est une cause très rare de traumatismes. L’enthousiasme de Gwénaël pour son sport lui a permis de s’affranchir de sa « caste » originelle pour aller prêcher la bonne parole sous des cieux a priori moins favorables. « J’ai entraîné des enfants dans des quartiers populaires où j’ai toujours rencontré un bel accueil. Quant à la ville de Nantes où j’ai conduit des cycles de hockey dans les écoles, j’ai eu l’excellente surprise de découvrir que pour le tournoi de fin d’année, deux mille enfants s’étaient réunis pour jouer. Il y a sept ans il n’y avait qu’un seul club. Aujourd’hui il y en a au moins huit. Si ce sport était médiatisé, je suis certain qu’il aurait un énorme succès. Comme c’est le cas en Belgique ou en Hollande, l’autre pays du hockey. » Pour un équipement d’enfant (crosse, protections, gants, etc.) les parents débourseront une cinquantaine d’euros et les jeunes filles à partir de douze ans seront également les bienvenues dans cet univers nullement sexiste où le gazon, bien que démodé, n’est pas maudit et savamment entretenu par l’entraîneur Nicolas Moronvalle. Les adultes, eux, consacreront cent euros à leur passion, en plus des deux cents quatre-vingt euros d’inscription (qui comprend entraînement et entraîneur). Pour les moins courageux, le Paris Jean Bouin présente l’autre mérite d’accueillir un Club House fort agréable.
Stade Jean Bouin 26 avenue du Général Sarrail 75016 Paris Tèl : 01 46 51 55 40 Mail : section.hockey@parisjeanbouin.fr – www.parisjeanbouin.fr
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 Photo N. Schiffmacher  Photo N. Schiffmacher
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