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Halloween...
ne vaut pas une messe!


Voilà deux ans qu’ Halloween est mort et enterré. La fête païenne venue d’Outre-Atlantique il y a dix ans n’a pas eu plus de succès cette année.

Françoise Lemoine

Déformation de « All Hallows Eve » (La veille de tous les saints), Halloween ressuscitait un rite celtique vieux de 2 500 ans Dernier jour de l’année pour les Celtes, le 31 octobre marquait aussi la fin des récoltes. La légende dit que la terre s’ouvrait et que les morts venaient chercher les vivants sous le regard de Samain, le dieu de la mort. Mais en France et le tout dernier fisaco de la fête fin octobre vient de le confirmer, la greffe n’a pas pris. Aux oubliettes les squelettes, citrouilles et toiles d’araignées qui ornaient les vitrines des commerçants, la veille de la Toussaint. «Nous avons joué le jeu pendant longtemps, témoigne Patricia Monte, artisan pâtissière à Sèvres (92). Mes vendeuses se déguisaient, tout comme les clients accompagnés de leurs enfants. C’était la fête ». Chantal Monte réalisait même un gâteau symbolique, le « Samain, » du nom du Dieu celte, patron de la fête. Notre pâtissière s’était d’ailleurs inspirée d’ une recette celtique pour le composer à base de fruits secs et des pommes. Toutefois, elle avait remplacé les méchants cailloux prévus à l’origine, par des fèves. « Cette anné nous avons continué sucettes et bonbons en pâte d’amande avec des formes de citrouille, mais cela s’est arrêté là. »Sa vitrine ne s’est donc pas paré d’orange et de noire. « De toute façon on ne trouvait plus rien chez nos fournisseurs. Et à quoi bon se décarcasser, aujourd’hui Halloween est très mal vu par la clientèle ».
Même constat pour Thierry Desouches, chargé des relations extérieures à Système U « Halloween est mort à petit feu. Rien n’a été prévu dans nos magasins ». Toutefois, la fête a fait, comme toujours, de la résistance auprès des enfants . :( un bonbon ou un sort )ont prononcé les bambins en sonnant aux portes le soir du 31 octobre. Enfin surtout en province, car à Paris il fallait avoir le numéro de code de la porte de l’immeuble pour entrer. Dans les centres de loisirs aussi , les petits ont creusé des citrouilles pour leur donner une bouille humaine et les transformer ainsi , en photophore avec une bougie à l’intérieur. « Halloween reste une fête pour les enfants, constate Clotilde Drouet , attachée de presse à la Grande Récré ., qui se réjouit d’avoir encore vendu de nom breux bonbons pour l’occasion »
En fait , les Français ne sont pas prêts de prendre des citrouilles pour des lanternes L’aspect commercial d’Halloween en a rebuté plus d’un. L’accent mis sur le côté sanguinolent et macabre les a également déconcertés.: « Au début , les gens ont adhéré au côté festif, mais le matraquage publicitaire et commercial les a finalement rebutés », analyse le philosophe Damien, Le Guay, auteur en 2001 de (Ed du Cerf). Le climat anxiogène de 2001 (attentat du 11 septembre) a , selon le philosophe, contribué au déclin d’Halloween « Trop, c’est trop », ont estimé les Français, qui dans le contexte de l’époque jugeaient excessi f tout cet aspect macabre. « La mort dans Halloween c’est du second degré, Avec les squelettes nous sommes dans le carnaval, la mort anonyme, mais le bon sens populaire français ne l’interprète pas ainsi ».
Au début, les catholiques s’en sont fait du mourron. En 2003, des jeunes issus de groupes de prière d’Ile de France ont décideé de contre attaquer : manifestations dans les rues de Versailles contre , puis à Paris, près de l’église Saint Sulpice. On fête alors (la sainteté l’emporte)qui rassemble toutes les générations autour des hèmes de la vie et de la mort. Inès Izaïs, coordinatrice de ce projet ne tire aucune gloire du flop d’Halloween : « Cette fête païenne vient d’une culture qui n’est pas la nôtre. Les Français sont libres de fêter Halloween et de se déguiser en sorcière Au début cela a marché. Les gens ont apprécié le côté paillette ». Il était donc temps pour les Chrétiens de réagir Aujourd’hui inutile de manifester davantage, Halloween est mort et la Toussaint revient en force. . Selon un sondage, 58% des Français se recueillent chaque année en famille sur les tombes de leurs proches . « Cette persistance du culte des morts dans la religion catholique permet de se lier les uns aux autres , confie Damien Le Guay .La preuve que les vieilles traditions résistent au matraquage commercial et médiatique. »
Le roi Samain s’en est donc allé, la mort dans l’âme…

 




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