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Avec près de six cent mille visiteurs par an, Enghein, demeure le premier Casino de France et le seul en Ile de France. Bruno Cagnon, directeur général pour les opérations jeu du groupe Barrière, explique les raisons du succès de cet établissement.
Propos recueillis par Françoise Lemoine
Les casinos ont connu l’an dernier une baisse de leur chiffre d’affaires. Pourquoi Enghein s’en sort-il mieux que les autres ?
Bruno Cagnon : Vrai que nous avons fait une belle année. Cela s’explique d’abord par l’exploitation de trois-cent-cinquante machines à sous, mais aussi parce que nos clients n’ont pas subi les contrôles aux entrées, instaurés en novembre 2006.Nous avions anticipé dès avril 2002, au moment de l’installation des premières machines.
Les machines à sous restent-t-elles le nerf de la guerre des casinos ?
Bruno Cagnon : Bien sûr, d’autant que les jeux de table sont moins fréquentés, mais nous espérons y remédier avec le nouveau jeu Texas hold’em poker. Ces tournois remportent un vif succès à la télévision, les casinos ont décidé, eux aussi, de les organiser. A Enghein cela devrait voir le jour au cours de ce trimestre.
C’est vrai que la pokermania flambe. Le casino n’a pas d’autre choix que de suivre la tendance ?
Bruno Cagnon : Un casino c’est comme un magasin. Plus on augmente l’offre, plus on donne de l’attraction à un établissement. Ce nouveau jeu de poker ne va pas révolutionner les casinos, mais nous espérons une fréquentation supplémentaire et avec l’arrivée de ces nombreux jeunes, renouveler notre clientèle.
Quel est l’âge moyen de la fréquentation des casinos ?
Bruno Cagnon. Notre cœur de cible est les 35-45 ans. Nous espérons donc rajeunir notre clientèle.
L’interdiction de fumer a t-elle eu une incidence sur la fréquentation de votre établissement ?
Bruno Cagnon : Il est trop tôt pour tirer des enseignements, mais, par rapport au même mois de l’année 2007, janvier n’a pas été terrible. La clientèle a baissé de près de 10%. Malgré tout, restons prudent, cette désaffection peut être dûe aussi bien à la crise économique qu’à l’interdiction de fumer .
Quelques 600 000 à 1,5 millions de personnes seraient des joueurs compulsifs. Mettez-vous en place des mesures pour contrer ce penchant destructeur ?
Bruno Cagnon : Dès l’introduction des machines à sous, nous avons pris des mesures pour tenter de détecter au mieux ces joueurs. Ainsi, nous avons formé nos quatre-vingt cadres pour qu’ils repèrent les addicts au jeu. Ils ont donc à l’oeil les personnes qui s’énervent, celles qui deviennent agressives. Ces signes prouvent que la situation de plaisir n’a plus cours.. Le personnel intervient donc gentiment, sans bien sûr chasser le joueur du casino. N’oublions pas que nous sommes des commerçants. Si le client accepte nous l’accompagnons au centre hospitalier de Colombes, proche d’Enghein, avec qui nous collaborons sur les phénomènes d’addiction. Notre but : que le jeu reste un loisir. Nous n’avons aucun intérêt à ce que le joueur s’endette.
Le profil des joueurs a –t-il changé ?
Bruno Cagnon : La clientèle a changé depuis l’arrivée des machines à sous, surtout à Enghein , fréquenté jusque là pour les jeux de table. Aujourd’hui, nous accueillons une clientèle beaucoup plus large et plus jeune. Avec le SPA, le théâtre, les nombreux restaurants et bien sûr le lac, on vient ici entre amis, en couple et plus uniquement pour le jeu, même si cela reste le cœur du dispositif.
Les motivations du joueur sont-elles différentes ?
Bruno Cagnon : Aujourd’hui, le joueur arrive au casino avec un budget prévu à l’avance et n’ira pas au-delà .
Pourquoi le nombre d’accros est-il alors en augmentation ?
Bruno Cagnon : C’est la loi des proportions. Nous avons triplé notre fréquentation. Il est donc logique que les joueurs compulsifs soient plus nombreux.
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