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Chatelet-les-Halles
Le ventre de Paris


Depuis la destruction des Halles dans les années 70, le « Ventre de Paris » a été l’objet de multiples aigreurs d’estomac et d’indigestions fatales. La dernière en date étant la fermeture de La Samaritaine. Pourtant, malgré la tambouille des apprentis sorciers et leurs purges successives, quelques anticorps persistent à préserver la bonne santé du cœur (et du ventre) de Paris.

Christian Rol et Sabine Corvec

09H30 : De la Place du Châtelet au Pont Neuf : idées noires et main verte.
Deux théâtres et quatre brasseries bondées entourent la place du Châtelet où se dressait autrefois le Grand Châtelet, tour fortifiée édifiée par Charles le Chauve pour résister aux assauts Vikings du IXe siècle. Ensuite, la tour en question deviendra un haut lieu de la justice médiévale (autrement dit une succursale de l’enfer), puis une prison particulièrement sinistre (même pour l’époque) jusqu’au XIXè siècle avant de se transformer en Théâtre de la Musique ; dont la programmation évoque souvent les supplices d’antan. Heureusement, le quai de la Mégisserie et ses marchands de graines et plantes vertes (oublions les cruelles « animaleries » et les bébés à plumes et fourrure vendus comme des peluches) autorise une promenade bucolique et des rencontres savoureuses qui nous édifient sur le quartier. « Au Bon Jardinier », l’établissement tenu par la famille Bru & Fils depuis un siècle au moins, on est Auvergnat de père en fils (ce qui est dans l’ordre des choses) mais également grainetier. C’est évidemment le cas de Didier, ancien kinésithérapeute et fils de André et … Fleurette la bien nommée qui officie à la caisse. Ici, l’originalité tient au mélange des genres initié par le grand-père monté à Paris au début du siècle dernier qui entendait proposer aux parisiens aussi bien des pommes de terre, des plans d’oignons et des poireaux que des roses et des bulbes au nom latin. « Nous avons plusieurs sortes de clients : ceux qui achètent pour leur maison de campagne, les autres qui veulent décorer leur terrasse parisienne et les autres qui cultivent leur jardin ouvrier en périphérie de Paris. » Sans parler d’un client richissime - et connu - qui se fournit ici même pour décorer ses deux terrasses de 200 mètres carrés face à la Tour Eiffel. Il ne s’agit certes pas de Hubert Rives, le physicien à barbe fleurie, même si celui-ci est un habitué de la maison. Une ombre plane au-dessus de ce quartier peuplé d’avocats (du barreau) : la fermeture de La Samaritaine, et par conséquent la disparition de ses milliers d’employés et de clients ont considérablement sanctionné la rive (25% en moins du chiffre d’affaires) fortement concurrencée par les grandes surfaces qui pourraient bien menacer ce jardin extraordinaire unique en Europe.
12, quai de la Mégisserie (1er) - Tél. : 01 42 36 41 23 – Fax. 0140 26 21 60 - M° Châtelet. Fermé le lundi

11H00 : Les femmes amusent la galerie 91.
La mémoire des anciennes Halles s’accroche tant bien que mal du côté de la rue Saint-Honoré quand quelques bistrots et deux ou trois restaurants jouent la carte de la nostalgie. Hakim Boukhezoula est bien loin des garçons bouchers, des maraîchers et des maquignons d’alors, lui qui tient la Galerie 91, juste à l’entrée du Passage dédié aux antiquaires. Chez lui, les courbes féminines sont magnifiées par des peintres, photographes et sculpteurs baltes, japonais et français. Rien de très nouveau sous le soleil en ce qui concerne les magnifiques bronzes du pionnier Jean Laniau (on aimerait toutefois rencontrer ses modèles en chair et en os) ou des lithographies de Chen Mei-Tsen. En revanche, les huiles sur toile de la famille Postaza confirment la supériorité de l’avant-garde lituanienne (et plus largement d’Europe de l’Est) sur nos barbouilleurs souffreteux quoique subventionnés. D’ailleurs, notre sympathique galeriste d’origine allemande et algérienne entend bien enfoncer le clou afin d’y suspendre les artistes lettons dont il loue les qualités. « En France, on ignore complètement l’effervescence artistique de ce pays. Voilà pourquoi je vais exposer dans les prochains mois divers créateurs très prometteurs de l’école de Riga. » Cela nous changera de l’école maternelle…
91, rue Saint Honoré (1er) - Tél : 01 40 26 55 50 – Site Internet : www.artbh.com – M° Les Halles ou Pont Neuf.

12H30 : Au Terminus du Châtelet : coup de fourchette, coups de gueule… et coup de cœur.
Le quartier du Châtelet ne manque pas de bonnes adresses (et notamment le Vieux Châtelet tenu par nos amis Cantalous venus de Riom-ès-Montagnes). Dans la même tonalité auvergnate, et toujours en provenance de ce village où bat notre cœur, une étape au Terminus du Châtelet, au fond de l’avenue Victoria, s’impose à plusieurs titres : pour la personnalité attachante de Robert Sucheyre (voir notre Focus), pour le cadre de ce Terminus où tout recommence chaque jour et, bien sûr, pour la cuisine. Une quarantaine de couverts, un vieux zinc et un cadre inchangé depuis la nuit des temps attendent les fines gueules et les amateurs d’un Paris préservé. Ne pas manquer les spécialités : la cuisse de canard désossée puis reconstituée avec une tranche de foie gras et les terrines maison ; les viandes aux champignons, les copeaux de truffes et les desserts eux aussi maison ne sont qu’une partie immergée de cet iceberg fort chaleureux sur lequel coulent à flots les vins que Robert part chaque année puiser aux meilleures sources. « Ici, il n’y a pas la sempiternelle tomate mozzarella et le chèvre chaud terne, prévient-il. Nous sommes un bistrot à vin et un restaurant traditionnel au vrai sens du terme. » Nous confirmons. Enfin, un conseil d’ami : évitez de polluer l’ambiance avec vos téléphones portables…
5, rue Lavandières Ste Opportune (1er) - Tél. : 01 45 08 50 44 - M° Châtelet.

14H30 : Du pain sur la planche.
Si vous avez encore faim (on en doute), la boulangerie-pâtisserie-cafétaria de Francis Rault est à dix mètres de là. Ses spécialités ? Cinquante sortes de sandwichs ; des plus simples aux plus élaborés. Et des pâtisseries à se damner. Comme tous les commerçants de ce côté-ci de la rue de Rivoli, il déplore la fermeture de La Samaritaine et certains inconvénients de la population gravitant autour du Forum des Halles, cette monstruosité architecturale et sociale signée Jacques Chirac dont la rumeur assure qu’elle pourrait être remplacée par une autre horreur à l’initiative du maire actuel. Ces considérations n’occupent pas Francis qui, en bon Normand cultive une certaine prudence de jugement, et préfère s’occuper de son affaire et de ses deux petits jumeaux.
11, rue jean Lantier (1er) Tél. : 01 42 33 82 68. M° Châtelet

15H00 : El-Badia : Le narguilé nargue les anti-tabac.
A quelques mètres de la fontaine des Innocents (aux mains sales) l’ouverture récente de la boutique El-Badia constitue un prolongement idéal de notre numéro consacré à la Syrie puisque Badri Helou, le jeune créateur, avec son frère et un ami, de cette ambassade damascène (dans le XVIè arrondissement depuis douze ans) est un français chrétien d’origine syrienne (il a appris l’arabe en France dans un Institut catholique du XVIè arrondissement !). Ici, les plus modestes narguilés, jusqu’aux plus chers, s’exposent aux côtés d’autres chichas et accessoires. « Le narguilé s’est considérablement développé à Paris depuis quelques années, explique Badri, et ne concerne plus uniquement les seuls Français d’origine arabe puisque le plus gros de notre clientèle est composé de Français de souche. Le paradoxe veut que j’aie découvert le narguilé lors d’un voyage en Syrie. C’est là que m’est venue l’idée d’en importer de plus en plus et de fournir, d’abord mes amis, puis les salons de thé et les boutiques. Aujourd’hui, nous sommes la première boutique en France. Nous proposons des narguilés haut de gamme dont certains sont faits en cristal de Bohême, le meilleur verre au monde. » Mais l’autre casquette de Badri Helou est celle de Président de L’Union des Professionnels du Narguilé, syndicat dont la vocation est de défendre les intéressés contre les abus des lois anti-tabac. « Ces lois sont des entraves aux libertés individuelles et sanctionnent aussi bien les PMU classiques que les quatre cents salons à Narguilé de Paris et ses alentours. Outre que c’est un plaisir comparable à la dégustation d’un cigare, et que les salons prodiguent une idée de convivialité, la fumée de narguilé est beaucoup moins toxique que le reste ; contrairement à ce que raconte le professeur Dotzemberg qui est à la fois juge et partie puisque ce pneumologue est membre de trois associations anti-tabac, et l’unique référence de nos adversaires. Il y a indéniablement une diabolisation du narguilé qui repose sur la désinformation scientifique et sans doute d’autres motivations. On traite les fumeurs de narguilé comme des drogués et des délinquants des cités ! » Ni plus ni moins que les grilleurs de sèches me direz-vous ? A ceci près que des amateurs de chichas - et des patrons d’établissement - doivent subir parfois descentes de police et fouilles au corps, ainsi que le confie Badri. Précisément, que penser de ce village des Halles à la mauvaise réputation ? « Il est beaucoup plus fréquentable que dans les années 80-90 quand il y avait des bagarres entre bandes et la drogue qui circulait. Heureusement, la présence policière importante a modifié l’atmosphère. » Affranchissez-vous des diktats du jour et rendez-vous à El-Badia !
12, rue de la Ferronnerie (1er) - M° Les Halles - Tél/Fax : 01 45 31 29 51 - contact@el-badia.com - Sites : www.el-badia.com - www.upnarguile.fr - Prix : de 30 à plus 1000 Euros.

16H00 : Les Halles-Centre Beaubourg : que reste-t-il de nos amours ?
On situe l’implantation d’un premier marché public, à l’emplacement des Halles, par Louis VI le Gros en 1135. Les Halles sont nées et occuperont la riche histoire de Paris - avec les modifications majeures de Baltard au XIXè siècle - pendant un millénaire. Jusqu’à ce que le catastrophique Pompidou et ses « urbanistes » se piquent de « modernisme ». Non seulement, toute une partie du patrimoine parisien sera rayée de la carte en quelques mois ; mais également un art de vivre et de travailler. Ajoutons à cela l’usine à gaz du Centre Beaubourg dont la vocation « culturelle » s’inscrit symboliquement dans son architecture qui tient davantage de la plomberie que de la Renaissance. Alors, que reste-t-il des Halles d’antan ? Quelques noms de rues (rue de la Grande Truanderie, rue Quincampoix, etc.) un ou deux restaurants (La Tour Montlhéry, le Pied de Cochon) et l’église Saint-Eustache (pour ses concerts). Le reste n’est que faune désoeuvrée, marchands de fripes et restos sinistres. Dommage quand on sait que, à partir du règne de Saint Louis et jusqu’à la Révolution, le pilori du roi trônait en bonne place du côté de la rue Rambuteau. Les condamnés (tous entremetteuses, blasphémateurs, commerçants indélicats, etc.) y étaient exposés deux heures par jour durant trois marchés consécutifs aux regards et aux railleries des passants qui pouvaient leur jeter de la boue, des ordures et quelques autres compliments de cet acabit. La chronique ne dit pas si les vandales pompidoliens eussent risqué cette juste punition…
M° - RER : Les Halles

16H30 : Corps et désaccords à l’Enseigne des Oudin.
Passez (très vite) devant l’esplanade du Centre Beaubourg – Georges Pompidou pour vous engouffrer dans la rue Quincampoix très fréquentée, jadis, par Racine, Mme de Tencin et Marivaux quand le Cabaret de L’Epée de bois était le théâtre d’orgies réputées. Les siècles passent mais les mœurs demeurent, et notamment au n° 41, adresse « libertine » tant vantée par l’inénarrable Patrick Sébastien qui y exerce l’essentiel de ses talents (assez éloignés de ceux des auteurs susmentionnés). Plus intéressantes sont la galerie « A l’Enseigne des Oudin » et la personnalité de son propriétaire, Alain Oudin. Cet ancien architecte expose, sous le parrainage de l’Enseigne de Gersaint de Watteau, depuis une trentaine d’années, les œuvres d’inclassables comme Charles Lapicque et Man Ray, ou encore Jean Pons (art brut), Pierre Comte (précurseur de l’art dans l’espace, en apesanteur) et Pierre Molinier (précurseur de l’art corporel, c’est-à-dire, le corps de l’artiste au centre de l’œuvre). Les goûts de ce galeriste singulier et fort sympathique s’orientent clairement vers l’art contemporain et les œuvres et les démarches singulières. « Contrairement à ce qu’on croit, il reste beaucoup de tabous dans l’art : la mort notamment... l’érotisme encore, alors que la création est hors morale, pour ne pas dire hors normes ». Et pour illustrer cette affirmation, Alain Oudin d’extraire de ses collections quelques morceaux de choix, de Journiac ou de Maccheroni, qui cependant ne sont pas prétexte à pornographie. L’actualité de cet esthète, ce sont les œuvres du franco-roumain Paraschiv qui imprime les images de sa peau sur sa peau de culture pour un « auto-portrait total » (jusqu’au 15 mai) et du roumain Ion Grigorescu qui évoquera « le temps aboli et figé » dans les situations extrêmes qu’il a connues (à partir du 17 mai) : exposition personnelle à Paris après sa contribution à la prestigieuse Documenta 2007 à Cassel. Mais le parcours de Alain Oudin, et sa pratique de l’urbanisme sont également à mentionner. « J’ai été un précurseur des aménagements urbains qu’on voit heureusement mettre en œuvre aujourd’hui par le maire de Paris. Enfin après 40 ans de tergiversations, on adhère au programme du Préfet de Police Grimaud qui officiait en 68 et voulait donner la priorité aux transports publics. Comme urbaniste, j’ai travaillé à la revitalisation et à l’aménagement de quartiers et de centre-villes un peu partout en France. Mais j’ai été vite lassé de constater que les projets mettaient plus de vingt ans à se matérialiser... mais pour détruire les Halles de Baltard, quelques nuits ont suffit, malgré notre opposition » Franchement sceptique face aux politiques urbaines, cet allié objectif de Mai 68 - il avait une vingtaine d’années à l’époque - et chantre du corps comme champs d’expérimentation artistique, « prolongement contemporain de la pratique du portrait » déplore également la proximité du club échangiste où, par définition, les corps s’accordent plus ou moins artistiquement. « Le problème est prosaïquement celui du voisinage. Dans le quartier on en a marre d’être réveillé au très-petit matin par les hurlements de ces couples qui se battent ou qui b…… sur les capots de bagnole en pleine rue! » Cet environnement largement condamné par les riverains (les pétitions et manifestes n’y font rien… alors direction les bois de Boulogne et de Vincennes pour tous ces messieurs-dames ?) n’empêche pas Alain Oudin de se consacrer le jour et depuis 30 ans aux « artistes corporels », à « l’art éphémère » ou à « la poésie sonore ». L’hôte des post-dadaïstes cultive ses dadas et ne réduit pas cette portion de la rue Quincampoix à la première syllabe du mot « culture ».
58, rue de Quincampoix (4ème) - Tél. : 01 42 71 83 65 - www.enseigne-des-oudin.com - M° Hôtel de Ville/ Châtelet/Halles/Rambuteau : ouvert du mardi au samedi de 11h30 à 13h30 et de 15 à 19h.

17H30 : Bijoux, cailloux, joujoux…
Un peu à l’écart de notre périmètre, sur le côté Marais de l’Hôtel de Ville, se trouve l’atelier boutique de Jean Christophe Fouchier, transfuge de la Place Vendôme où ce joaillier fit son éducation sentimentale. Les maisons Chaumet et Poiray, mais aussi Cartier et Bulgari lui ouvrirent largement leurs portes avant que lui-même n’ouvre les siennes en 1996. Membre du très aristocratique club des Ateliers de France, Jean Christophe parvient à cultiver l’élégance sans être guindé ni ampoulé. Sans doute doit-il ces qualités à une mère sculpteur dont il a hérité de la sensibilité, de la rigueur et de la fantaisie. Car ses créations - des bagues, essentiellement, mais pas uniquement - sont des objets d’art à part entière, participant à la fois de la haute joaillerie, de la sculpture et de la fantasmagorie qui attirent une clientèle prestigieuse autant que l’anonyme plus restreint. « Ma réputation (un peu freinée à l’international à cause de l’Euro fort) provient surtout du « sur-mesure » et des lignes contemporaines - voire baroques - que j’affectionne. En outre, je maîtrise la chaîne du début jusqu’à la fin puisque je dessine moi-même les modèles que je sculpte ensuite. A terme, je compte même aller dans les pays producteurs pour acheter des pierres ». Celles qu’il sélectionne ont en en commun d’être éclatantes, rares et pures et choisies en fonction du budget du client qui pourra commander des formes inédites et magnifiques qui révolutionnent la haute joaillerie. Les formes, justement, empruntent à l’architecture haut de gamme et les noms à la grande cuisine. Ainsi la Scandaleuse au cœur de saphir sur son lit de diamants se savourera moyennant quelques milliers d’Euros mais au moins serez-vous la seule à la goûter. Ce n’est là qu’un hors d’œuvre avant de dévorer des yeux ses bagues clafouti, caviar ou bulle de savon qui rivalisent d’originalité et de beauté. Le reste est à découvrir sur place en compagnie de ce jeune homme séduisant qui sait rendre les femmes plus belles (et leurs maris moins riches). Prix : de 800 € jusqu’à 16 000 € et plus si affinités.
15, rue Pont Louis Philippe (4ème) - Tél. : 01 42 74 05 33 M° Hôtel de Ville - Atelier Capucines, 18, rue des Capucines (2ème) - Tél. : 01 42 60 96 95. Site Internet : jean-christophe.com

19H00 : Rues Montorgueil et des Petits Carreaux.
La rue Montorgueil - et son prolongement rue des petits Carreaux - ont cruellement souffert de la destruction des Halles (à titre de comparaison, la rue Mouffetard et ses milliers de touristes feraient presque « authentiques »). Des pavés trop neufs pour être parigots, l’inévitable cave à vin, la boutique L’Occitane, le vieux bistrot à titis (sans titis) et quelques autres classiques de la « rue piétonne » entourée d’immeubles « réhabilités » font écho à la nouvelle sociologie des lieux (couples homos, Labradors hétéros, taverniers pro-sarko et électrices de Ségo). Heureusement, les fromages et l’enthousiasme de Nicole ne sont pas en toc et mettent en appétit. « Notre clientèle est extraordinaire et fidèle, dit-elle. Malheureusement, toutes les personnes âgées sont parties. Il nous reste donc une nouvelle génération, une population jeune, des couples avec enfants surtout, à fort pouvoir d’achat et très sympathiques. Certains d’entre eux viennent ici pour papoter et me raconter leur vie de famille. ». La bonne humeur communicative de Nicole s’est répandue jusqu’au Japon grâce à un livre où elle-même et sa boutique sont en bonne place. Même accueil à L’Escargot Montorgueil, cantine, s’il en fut, de Marcel Proust, Sacha Guitry, Colette, Cocteau, Dali ou Picasso. L’établissement, classé aux Monuments historiques a gardé de sa naissance en 1832 tout ce que ce qu’on souhaiterait préserver de ce siècle discutable : une architecture. Un plafond à caisson, de savantes moulures, un escalier à colimaçon recroquevillé comme un… escargot menant à un cabinet de quelques tables et de beaux bibelots du second Empire signent une ambiance intimiste comparable à celle d’un Grand Véfour. A ceci près que l’escargot, à toutes les sauces, est ici chez lui et dans notre assiette pour le grand plaisir des amateurs. Laurent Couegnas – chef Propriétaire – et Carole Colin - Directrice de L’Escargot – sont très gourmands tous les deux et ont un goût prononcé pour les grands vins (Cheval Blanc, Mouton Rothschild, etc…) qu’ils font reposer dans une cave high-tech (la seule concession à notre époque). Mais les Bourgognes et les Petit Gris, les spécialités locales, ne résument pas la carte de ce vrai restaurant gastronomique (sans prix astronomiques) qu’on fréquentera souvent mais sûrement. Un seul bémol de taille selon Carole Colin, les prochains travaux des Halles qui risquent de perturber le quartier pendant quelques temps mais pour le rendre certainement plus agréable. Que ces menus inconvénients à venir ne vous découragent pas d’investir l’Escargot Montorgueil, une belle et bonne adresse parisienne qui vous permet de réaliser un joli voyage dans le temps.
38, rue Montorgueil (1er) - M° Les Halles – Tél. 01 42 36 83 51. Site Internet : escargot-montorgueil.com

 
Photo N. Schiffmacher
Photo N. Schiffmacher

Conciergerie (Photo N. Schiffmacher)
Conciergerie (Photo N. Schiffmacher)

Beaubourg (Photo N. Schiffmacher)
Beaubourg (Photo N. Schiffmacher)

Photo N. Schiffmacher
Photo N. Schiffmacher

Cigale - 36, rue Scheffer - 75116 Paris - contact@cigalemag.com
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