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Bamboche à Babylone
Sèvres Babylone


Le beau quartier de Sèvres Babylone est un vivier de contrastes et de surprises qui réunit ministères et mini-jupes, maxi prix et Bon Marché, Sciences Politiques et polissons.

Sabine Corvec et christian Rol

09H30 : Les matins de l’Histoire
Babylone… le nom de la cité antique et son destin évoquent tous les abandons qu’on traquera dès la sortie du métro face au Lutetia. Peine perdue ! L’histoire du quartier voué au lèche-vitrine ne doit rien aux bacchanales païennes mais tout à Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de… Babylone qui fonda en 1673 le séminaire des Missions. Exit donc les références sulfureuses, à l’exception d’un certain Roman Polanski qui vécut ici jusqu’à son exil suisse. Ces Liaisons Dangereuses nous ramènent au XVIIIe siècle libertin quand la fille d’Anne de Rohan, déflorée à 13 ans par son mari, le comte de Verrue, devint la coqueluche de Sèvres Bab’. La nymphette, otage de son siècle (enfance dans l’enfer religieux de Port-Royal, puis dans l’enfer conjugal) dominera en effet l’histoire du quartier depuis la rue du Cherche-Midi où elle vécut. Veuve très tôt, elle reparaîtra en belle et sensuelle jeune femme, pleine d’esprit et fort riche ; au point d’acheter deux hôtels, rue du Cherche-Midi, où les phares du siècle des Lumières tiendront salon… en attendant qu’un certain Gérard Depardieu s’installe à son tour dans ces murs. L’épitaphe voltairienne que madame de Verrue composa avant de s’éteindre résume une vie qui s’achève mieux qu’elle n’avait commencée :
Ci-gît, dans une paix profonde,
Cette Dame de Volupté,
Qui, pour plus grande sûreté,
Fit son paradis en ce monde
10H00 : Hélices au pays des merveilles
Les cuites de Blondin au tabac Le Bar Bac, la domiciliation au n°108 de Romain Gary et le rendez-vous des veilles barbes de l’édition au bar du Pont Royal prodiguent à la rue du Bac une aura littéraire très surfaite. Heureusement, Pierre Farman, petit-neveu du pionnier britannique de l’aviation, et fils de pilote, nous fait planer en vendant et exposant des objets issus de l’aéronautique étonnants et magnifiques. Antiquaire depuis 30 ans, avec des débuts aux Puces, cet éternel jeune homme vibre au rythme des jet lags. « Non seulement je vole dès que je le peux (je viens de faire un vol cockpit avec Air France pour rester 24 heures à New York) mais encore je participe au démantèlement de certains avions pour prélever des pièces que je recycle et confie à mon polisseur. » Présenté ainsi, le processus semble simple mais encore faut-il négocier avec les compagnies aériennes qui tiquent parfois devant ce « toqué » de fuselages qui parvient à transformer telle hélice de coucou en bibelot Art-Déco ; ou une pièce d’aluminium provenant d’un 747 en pièce de musée. Même les néophytes succomberont à ce capot de réacteur transformé en console d’angle qu’on penserait née des années 20. « Pour moi, l’hélice est le plus bel élément d’un avion. A condition qu’elle ait été travaillée par mes collaborateurs. C’est pourquoi les gens de l’aviation sont mes plus mauvais clients. Ils croient qu’ils trouveront la même chose en bout de piste ou dans un hangar ». Dans cet antre où se retrouvent des fous du ciel, on reconnaîtra un journaliste de télévision passionné, un restaurateur français installé à New York ou encore un jeune pilote ébahi. « Mon plus beau compliment, c’est quand les gens étrangers à cet univers me commandent, soit un volet d’aile transformé en bureau, ou une pièce de moteur qui fera un très beau presse-papier. » Mais que reste-t-il d’anglais chez ce Français ? « L’horreur du thé et un côté non conventionnel. Mon plus beau souvenir de famille, c’est lorsque ma grand-mère a commandé une grosse quantité de foin qu’elle a fait entreposer sous les fenêtres de la demeure familiale ; puis elle a pris toutes les ombrelles qui traînaient dans le grenier et s’est jetée par la fenêtre pour tester cette ébauche du parachute encore inexistant. Résultat : trois côtes cassées. » Volez jusque chez Pierre Farman, vous n’en décollerez plus !
122, rue du Bac (7e) - 01 45 44 87 39 - 06 60 64 87 39 - M° Sèvres-Babylone

11H15 : Dog & Design, une vie de chien (de luxe)
Stéphane Moisset réunit au moins trois qualités : le sens des affaires, le sens de l’humour et une belle affection pour son adorable Labrador Archibald, à la fois compagnon et associé. « Quand on m’embauchait comme attaché de presse, mon métier d’avant, j’incluais dans mes contrats une clause stipulant qu’Archibald devait travailler à mes côtés. » L’ouverture de la boutique « Dog & Design » (qui est aussi une marque) est la suite logique de ce « partenariat » avec Archie. Des harnais conçus par d’anciens celliers de Hermès, des couffins dessinés et fabriqués à la main par des malletiers de grandes maisons, mais encore des « canapés » à 9 500 € fabriqués par l’ébéniste Ludovic Avenel (la référence ultime dans la marqueterie de luxe), et une « niche » XIXe, une copie de celle de Marie-Antoinette, restaurée à la feuille d’or (14 000 €) par les meilleurs artisans (notre ami Rémy Brazet entre autres) signent là une profession de foi unique, absurde et charmante. « Le seul problème, déplore notre maître-chien, c’est que j’ai ouvert la boutique il y a 2 ans, juste avant la crise. Du coup, le luxe, surtout pour les chiens, est devenu très incongru, même auprès de la clientèle aisée qui est ma cible. » Pour parer à l’impondérable, Stéphane vend aussi des articles plus abordables, et notamment des DVD pour chiens (!), ces « documentaires » destinés à nos meilleurs copains à poils très gâtés par les Américains et Italiens qui, tous, plébiscitent cette french touch haut de gamme, inutile et donc encore plus belle…
110, rue du Cherche-Midi (6e) - M° Sèvres-Babylone - Tél. 01 45 44 54 54 - www.doganddesign.fr


12H30 – 14H00 : La Cigale, restaurant des Stars
Les points communs entre notre magazine et le restaurant du même nom sont nombreux : les stars s’y donnent rendez-vous, on y cultive le bon goût et les bonnes manières. Une seule différence : le prix.
La Cigale Récamier - 4, rue Récamier - 75007 Paris - Tél. 01 45 48 86 58

14H00 : Chercher Midi à 14H00
La rue du Cherche-Midi à 14H00 – surtout le samedi – charrie son lot de people qui flânent, ou s’installent durablement. Serge Moati, emberlificoté dans une élégance cocasse (dont un chapeau à la Bruant) se pavane devant la boulangerie Poilâne où s’affairent les touristes japonais. Le héros conspué des foules – l’entraîneur Raymond Domenech (en survêt’, bien sûr) – se restaure en compagnie de madame à la terrasse de Mamie Gâteau. Gérard Depardieu, lui, surveille l’avancement des travaux de sa récente acquisition (l’un des hôtels cité plus haut) dont il compte faire un établissement de luxe. Enfin, parmi les nombreux trésors architecturaux des environs (souvent inaccessibles en raison des porches codés) on notera la Cour des Vieilles Tuileries, au n°86, une enfilade de patios débouchant, au fond, sur la « Fontaine de Neptune » et la très belle réplique de la statue du dieu concerné.

15H00 : L’environnement de Grenelle
Etroite et sombre, comme les ministres et hauts fonctionnaires qui la peuplent, la rue de Grenelle est malheureusement l’otage de l’administration qui a dérobé aux yeux du public de très beaux hôtels particuliers, jardins et édifices anciens qu’on ne verra qu’une fois l’an (et encore !) lors des Journées du Patrimoine. Laissons donc le ballet des voitures à gyrophares pour nous engager au n°84, sous l’enseigne de la Société Nationale d’Horticulture. Ainsi que nous l’explique Catherine Secq, déléguée générale de la S.N.H.F., « cette association existe depuis 1827 à l’initiative de passionnés de jardinage qui souhaitaient échanger leurs expériences. Notre société revendique plus de 100 000 adhérents en France. Nous proposons des colloques scientifiques, des expositions d’art floral, des formations et tout ce qui tourne autour de ces thèmes. » Ce sympathique Grenelle de l’Environnement présente aussi l’originalité de louer certains bureaux de son siège, rue de Grenelle, à un personnel politique hétéroclite qui va et vient de droite à gauche avec des fronts soucieux et dégarnis. « Nous avons même un ministre dans nos murs », nous confie notre interlocutrice. En hiver, c’est moins utile qu’un poêle à mazout mais au moins le loyer est payé…
S.N.H.F. - 84, rue de Grenelle (7e) - Tel. : 01 44 39 78 78 - www.snhf.org - info@snhf.org - M° Rue du Bac

16H00 : Effets d’armes
La Centrale du Fusil d’Occasion est une institution que les chasseurs chevronnés connaissent bien puisque Gilbert Laurent est issu de chez Callens-Modé, le prestigieux magasin de l’Avenue de la Grande Armée qui vit défiler ministres, présidents et autres « gâchettes » sujettes à caution. Ce registre n’est pas notre préféré mais monsieur Laurent force la sympathie. D’abord parce que ce chasseur ne chasse plus (« Je ne tire plus que des pigeons d’argile ») et ensuite parce qu’il est l’un des derniers représentants d’une génération qui fit ses premières armes à Saint-Etienne chez des artisans où toutes les étapes de fabrication étaient confiées aux crossiers, aux basculeurs, canonniers, graveurs, etc. « C’est mon oncle Jeannot qui était armurier à Levallois qui m’avait dit qu’avant de prendre un fusil, il fallait savoir comment on les fabriquait. » L’intérêt du fusil d’occasion ? « C’est évidemment le prix. Là, pour 15 000 Euros vous avez deux Brownings. C’est le prix d’un neuf. » Qu’est-ce qui pousse cet armurier à la retraite à maintenir son rideau levé ? « La retraite, ce serait tirer un trait sur cette passion…» Passion qu’il nourrit pour une autre, celle du Far-West. « Au-delà des Westerns, il y a une épopée, les grands espaces, l’aventure et l’invention de la Winchester. » C’est moins chic que la Sologne ou que l’Afrique et ses massacres « légaux » et monsieur Laurent entend demeurer fidèle à sa clientèle de toujours (qui se raréfie), celle de la Gentry ainsi que les politiques. « Avenue de la Grande Armée, j’ai souvent vu le Président Giscard d’Estaing, le Comte de Paris, les princes arabes, la famille de Monaco (le Prince m’avait même proposé de m’engager au Sporting Club de Monte Carlo), Monory ou Charasse. J’ai même vendu une carabine à Michel Droit (NDLR : le Alain Duhamel du Général de Gaulle) celle avec laquelle il a accidentellement tué un autre chasseur. » C’était le bon temps…
69, rue de Grenelle (7e) - M° Rue du Bac - Tél. : 01 45 49 17 88

17H00 : Le Beurre, l’argent du beurre et… les fromages de la crémière
Accolée au musée Maillol où l’on admirera les bronzes charnus du sculpteur, une autre institution prend place avec l’adorable fromagerie de Nicole Barthélemy, convoitée par l’Elysée, ministères et ministrables. 1,50 m de gentillesse et de professionnalisme, présente dès 6 heures du matin dans sa cave aux trésors, la fromagère des stars n’est pas du genre à cracher dans le Roquefort. « J’adore ce quartier parce que c’est encore un village où les aristocrates et les célébrités qui viennent chez moi sont simples ; contrairement à la province (où j’ai vécu avec mon ex-mari) où l’on ne m’adressait pas la parole parce que je n’étais qu’une crémière. Ici, j’ai vu grandir Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg aussi, qui est d’ailleurs venue me présenter ses enfants. Quant à Christian Clavier, vous l’avez manqué de quelques minutes. » Cinq personnes s’affairent avec elle pour satisfaire tous les palais, des palais gustatifs jusqu’à celui de l’Elysée. « Pendant longtemps, nous avons été les fournisseurs exclusifs de Matignon et de la Présidence qui n’est plus mon plus gros chiffre d’affaires à cause des économies. » Cela n’empêche évidemment pas la facture de l’Elysée (qu’elle effectue au crayon) de comporter plusieurs zéros.
51, rue de Grenelle (7e) - M° Rue du Bac - Tél. 01 45 48 56 75 - Fax : 01 45 49 25 16

17H45 : Coup de cœur : Boulangerie Malo
Comme nombre de boulangers (bretons de surcroît), Jean-Loïc Négaret est un original. Cet ancien ingénieur en bâtiment, titillé par d’autres horizons, a complètement bifurqué après un stage en boulangerie. « Sans doute avais-je envie d’un métier moins théorique et plus en contact avec la matière première. Quand j’entendais les boulangers évoquer le pétrin et les diverses manières d’aborder l’activité, je n’en imaginais pas la difficulté et en même temps l’aspect gratifiant. Mais cela m’a suffisamment motivé pour passer mon CAP. Tout le monde peut faire du pain. Mais pour qu’il soit bon, c’est autre chose. » Avec la baguette parisienne et de tradition, Jean-Loïc concocte une flûte « Malo », une savante recette (fermentation en deux temps qui développe des arômes subtils de noisettes) initiée par les pâtissiers viennois de Marie-Antoinette. Cette flûte, beaucoup plus digeste que le béton armé de son ancienne vie, est très prisée par le tout Sèvres Babylone. Et quand on lui demande si c’est un rêve réalisé, il répond par l’affirmative en nuançant : « J’avais sous-estimé la difficulté de ce métier. D’autant que le quartier n’est pas très résidentiel et que nous sommes déjà quatre boulangers dans le coin. En plus, il y a les obstacles liés à la micro-entreprise. » Pour autant, depuis 2002, année de la reprise de cette boulangerie, le bouche-à-oreille fonctionne bien ; jusqu’à fournir les nombreuses communautés religieuses alentour. Et nombre de célébrités. Ultimes originalités de ce Breton dynamique et accueillant : sa pâtissière est japonaise ; et lui-même livre ses clients (brasseries, restaurants, etc.) dans un triporteur à la Darry Cowl qui a conquis le cœur (et l’estomac) des petits et des grands.
54, rue de Sèvres (7e) - M° Sèvres-Babylone - Tél. 01 47 83 30 40

18H30 : Parfums de femmes… d’hommes et de maisons
Pousser la porte de la boutique Nicolaï revient à pousser un soupir de soulagement. D’ailleurs, bon sang (ou bon sent) ne saurait mentir quand Patricia de Nicolaï, la fondatrice de cette boutique, s’inscrit dans la quatrième génération de la dynastie Guerlain qu’on ne présente plus. Aux commandes de cette succursale de l’élite olfactive : Rebecca Veuillet, délicieuse et compétente ambassadrice, et par ailleurs auteur de plusieurs livres de référence (dont « Le guide du parfum pour elle et lui », éditions Hors Collection). « Nous créons un nouveau parfum chaque trimestre. Parfums pour femmes, pour hommes et pour la maison, notre spécialité dont nous sommes les précurseurs avec deux autres parfumeurs. La note intitulée « Maharadja » créée par madame de Nicolaï fait courir le Tout Paris. » Suit une leçon particulièrement pointue sur l’alchimie entre produits de synthèse et fragrances naturelles qui ont déterminé, dès la fin du XIXe siècle, la parfumerie d’aujourd’hui. « Le naturel apporte une grande richesse olfactive mais le synthétique permet d’avoir des accords inédits et une plus grande palette et surtout de mieux fixer les parfums. » A l’heure du « bio » comme argument de vente, du 100 % naturel et du commerce équitable, cette belle franchise tranche sur la fumisterie ambiante. « On ne peut plus utiliser le naturel comme jadis. Pour cela, il faudrait que la terre entière soit jardin de roses, de jasmins et de tubéreuses. » Les Américains, les Australiens et une partie de l’Europe vouent un véritable culte aux parfums Nicolaï (Number One, Sacrebleu, Maharanih, Vanille Tonka et tous les autres) malgré une publicité inexistante. « C’est le propre d’être un parfumeur « de niche ». Il n’y a que le bouche-à-oreille autour de la réputation de Patricia de Nicolaï ». Intarissable et passionnante, Rebecca évoque les notes boisées ou vanillées comme un sommelier évoque ses grands crus ; et défend ardemment la créatrice d’avoir bénéficié de son nom (Guerlain) pour être devenue ce qu’elle est, autrement dit une grande créatrice, bardée d’honneurs et toujours à la tâche dans son atelier. « C’est une vraie Guerlain parce qu’elle utilise de belles matières pour une écriture très classique qui nous renvoie à la grande tradition française. » Arielle Dombasle, Inès de La Fressange, Valérie Lemercier ou Marisa Berenson, sans parler des milliers d’anonymes triés sur le volet, ne jurent que par cette adresse où les plus argentés pourront même commander une création unique moyennant 4 500 Euros… à vue de nez bien sûr… Par ailleurs et à la portée de toutes les bourses, un atelier de création de parfum est à votre disposition.
80, rue de Grenelle (7e) - M° Rue du Bac - 01 45 44 59 59 - www.pnicolai.com


19H00 : Le marché de l’affiche en friche
Non loin de là, un essaim d’étudiants têtes à claques nous prévient de la proximité d’avec la rue Saint-Guillaume et de l’Ecole des Sciences Politiques où nous passerons sans un regard, sans un diplôme. Puis, nous mettrons le cap sur le boulevard Saint-Germain où nous atteindrons la mythique Librairie Elbé, longtemps spécialisée dans la chasse et l’équitation, et désormais dans l’affiche ancienne. Le jeune et sympathique Grégoire Déon reçoit en démentant tout lien de parenté avec l’auteur du Taxi Mauve qui nous transportait en Irlande. Le voyage est cependant omniprésent tant les « réclames » vantant les périples lointains de nos grands-pères sont nombreuses. Le bon temps des colonies, la retape pour les vertus du transatlantique et les stations balnéaires sont autant de tableaux naïfs renvoyant à un art de vivre révolu. « Ici, je rencontre des gens du monde entier, des particuliers comme vous et moi, des vedettes de la télévision, des ministres ou des députés. Je peux mettre trois jours pour satisfaire mes clients ; ou trois ans. Le graphisme des années 20, 30 ou 40 touche tout le monde. » La seule limite, c’est évidemment la rareté, la signature et donc l’aspect financier. Une splendide affiche Art Déco vantant Londres Vichy Pullman partira pour 4 500 Euros alors qu’un château de la Loire n’excèdera pas les 300 Euros. « Dès qu’on touche à une station balnéaire ou de ski, ou un pays comme le Liban, etc…, la cote s’envole. Celle-ci n’est pas tellement notre critère. Nos marges ne sont pas exubérantes car nous tenons à cette démocratisation de l’affiche. Même si nous sommes une référence dans le monde. » Et en particulier aux USA (évidemment !) où d’aucuns cultivent une nostalgie sympathique de la France d’Epinal. Bien sûr, Grégoire Déon, historien d’origine et grand lecteur, ne vend pas des affiches comme d’autres vendent des crêpes. « C’est mon goût pour l’Histoire de France et l’art (ma mère s’occupe de la promotion du château de Versailles) qui m’ont poussé vers cette activité. En plus, j’adore ce quartier où j’ai longtemps vécu. Je connais tout le monde et il m’arrive même de donner à un gamin qui a 10 Euros une affiche qui en coûte 100 (…) Mon rêve, c’est d’ouvrir un Hermès de l’imprimé. Avec le réseau que je me suis constitué ici, grâce à mon employeur, c’est très envisageable. » C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
213 bis, boulevard Saint-Germain - 75007 Paris - Tél. 01 45 48 77 97 - Fax 01 45 48 73 67 - librairie.elbe@free.fr - www.librairieelbe.fr

20H00 : Sèvres bye bye Bylone
Si le propre des quartiers chics tient à leur aspect désertique le soir, alors Sèvres Babylone est la quintessence du bon goût. Pour autant, en son centre, trône l’hôtel Lutetia, ses samedis littéraires, son bar jazzy, ses salons sous le ciel d’une verrière Art Nouveau, sa brasserie et son restaurant. C’est là que bat le cœur du Sèvres Babylone by-night et le rendez-vous de tous les hasards. A vos carnets de chèques !

 
Photo N. Schiffmacher
Photo N. Schiffmacher

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