|
Quatre heures à peine suffisent à relier Paris et Amsterdam pour le week-end le plus dépaysant qu’on puisse imaginer dans cette Europe du Nord aux tons chauds.
Christian Rol
Les plus contemplatifs et les moins blasés des voyageurs se contenteront d’emblée de la ville en soi qui s’offre dès l’arrivée à la Gare Centrale au cœur historique d’Amsterdam, cette autre « Venise du Nord » ainsi que Bruges, percée de canaux et de petites rues qu’on parcourt en tramway, à pied ou, bien sûr, à vélo (sans en faire tout un plat (pays) comme à Paris).
Considérations générales à la descente du train
Bien moins austère que Copenhague, qu’on peut lui comparer, plus petite que Stockholm (une autre merveille méconnue), Amsterdam est avant tout une grosse ville de province à taille humaine dont le charme incomparable repose sur ses façades colorées (pas moins de 7 000 maisons classées relevant des styles Renaissance, baroque, néoclassique ou Art nouveau) qui se reflètent dans le miroir serein des canaux aux noms imprononçables (Princsengracht, Keizersgracht, Herengracht et Singel). Sur ces mêmes eaux troubles vous pourrez dormir et vivre pour 80 à 200 Euros par nuit sur une de ces péniches/appartements (ou house-boats) qui accueillent très confortablement deux à quatre personnes soucieuses de vivre en plein cœur de la bohême locale. Cette même bohême qui fit longtemps l’attrait de la capitale néerlandaise, consiste essentiellement en boîtes de nuits, en cafés (attention, peu acceptent les cartes de crédit !) et en petits restaurants (préférez les spécialités indonésiennes (1) à celles locales) disséminés aux quatre coins de la ville.
Quartier rouge et pelouse verte
Quoique nullement indispensable à votre édification, le Quartier rouge à l’est du vieux centre, est un périmètre hautement symbolique de la permissivité hollandaise. Les fameuses vitrines éclairées de lumières tamisées exhibent les charmes tarifés de jeunes femmes qui n’ont froid ni aux yeux, ni ailleurs dont la très protestante Hollande taxe et protège les prestations. Et que dire des Coffee Shops dans le quartier du Jordan (anciennement pauvre, il est devenu tendance et artistique), ces petites boutiques réglementées par l’Etat qui perçoit un impôt sur les quantité de drogues « douces » vendues par leurs débitants ? Plus bucoliques (quoique) sont le Vondelpark, 48 hectares de pelouse et de filles blondes, ou le Marché aux fleurs flottant du Muntplein. Le cliché est peut-être convenu mais il est superbe ! Autre détour obligé pour ceux qui auraient eu la flemme d’aller aux Puces de Saint-Ouen, les marchés aux Puces de Waterlooplein et Noordermarkt. Ce sont là les règnes des boutiques de seconde main et de « Vintage « où il n’est pas exclu de ramener un vieux jeans usé au prix d’un neuf.
Spinoza, Van Gogh et moi
Plus consistants sont les musées de la ville regroupés dans le quartier des musées qui ont fait la réputation mondiale et culturelle de la (seconde) patrie de l’auteur de Tractatus politicus. Le Musée Van Gogh, le Rijksmuseum (en travaux) et le Stedelijk (expo Andy Warhol jusqu’au 13 janvier 2008) sont les plus connus mais n’occultent pas les dizaines d’autres qui seront célébrés lors de la Nuit des Musées le 3 novembre prochain. Un « Musée du Sexe » interdit au moins de 16 ans et au bon goût draine une foule nombreuse alors même que l’Hermitage propose une collection Art Nouveau qui rassemble quelques-unes des plus grandes œuvres russes et françaises de ce courant (jusqu’en mai 2008) (2) . Mais l’art de vivre d’Amsterdam (parfois sujet à caution) est certainement l’exotisme le plus achevé et un spectacle en soi qu’on goûtera le nez au vent, les mains dans les poches et un verre de bière aux lèvres.
(1) Bojo Speciaal, 12, Leidselkruisstraat, 1017 RE, Amsterdam.
(2) La carte Amsterdam Card permet d’accéder gratuitement à de nombreux musées, d’utiliser gratuitement tous les bus, trams et métros d’Amsterdam, d’effectuer une visite guidée en bateau sur les canaux. Infos. : http://www.amsterdam.info/fr/infos-pratique/
|
|
|