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A la bourse comme ailleurs...
les marchés ont la cote!


Les marchés font de la résistance et dans l’ensemble ils se portent bien. Surtout à Paris où les grandes surfaces installées à la périphérie ne font pas d’ombre aux quatre-vingts marchés. C’est moins vrai dans certaines banlieues. Mais pour tous les commerçants, le problème n’est pas la concurrence mais la pénurie de bouchers, charcutiers et volaillers. Pourtant tous le clament en choeur : . Avis aux jeunes.

Françoise Lemoine

, clame la charcutière, tout en rondeur et regard azur. , rétorque, un brin moqueur, le voisin, un petit homme à casquette, surnommé M. Bouton…Voilà c’est cela les marchés. Une ambiance haute en couleur, un sens de la répartie entre commerçants, un mot affectueux aux grands-mères : . Faut dire aussi que les commerçants sont de moins en moins nombreux. Il a fallu attendre huit ans pour que le boucher parti en 1998 soit enfin remplacé : . Dévalorisant boucher ? , déclare –t-il avec un large sourire.
Pour le remplacer comme il est de mise pour les marchés en banlieue, la mairie de Sèvres va devoir réunir une commission composée de commerçants du marché, d’élus et de représentants de la société gestionnaire : Lombard et Guérin : .
. Thomas Cordonnier se dit optimiste pour l’avenir : < Les gens auront toujours besoin de manger>, ironise-t-il. Oui, mais à condition que leur pouvoir d’achat le leur permette, car de ce côté-là, ce n’est pas la joie. Les commerçants le constatent tous les jours

Si les bouchers volaillers et charcutiers manquent à l’appel, tout comme les poissonniers et les fromagers, métiers qui demandent des formations, les marchands de légumes, eux, prolifèrent : .
Figure emblématique de l’incontournable marché Aligre dans le 12ème arrondissement de Paris, Rémy Costaz, dont la famille occupe depuis quatre générations un stand de fruits et légumes hauts de gamme de huit mètres linéaires, loué aujourd’hui 250€ par mois, assure: S’enorgueillit Rémy qui garde toujours en mémoire la phrase que lui disait sa grand-mère : . Et c’est vrai. Mes concurrents cassent les prix, mais le lendemain les fruits et les légumes sont à jeter>. Aligre est connu pour être un marché , c’est-à-dire de produits bradés.
Thomas Cordonnier n’impose pas non plus de quota, mais opte pour une harmonisation des commerçants représentés sur les marchés: . L’avis de la mairie de Paris sur ce sujet aurait été intéressé, mais pas moyen d’obtenir un responsable. Dommage. Peut-être n’y en a-t-il pas….
Côté fréquentation, les commerçants des marchés ne se plaignent pas. Certes, les allées peuvent être désertes en semaine , déclare gentiment une charcutière. Bref, des gens qui ont du temps à perdre….C’est vrai que faire la queue devant chaque stand, demande de la patience, mais le marché est un lieu de rencontre. Le week-end on y vient en couple avec enfant dans la poussette. Ce n’est pas un hasard si, au moment des élections, les hommes politiques y font campagne. , et vont ensuite boire l’apéro au bistrot de la place d’Aligre. Très bobo, s’amuse le sympathique marchand de légumes. Un peu plus loin, même ambiance au légendaire marché des Enfants Rouges. Ce plus vieux marché de Paris a bien failli être rasé par des promoteurs peu sourcilleux. Heureusement qu’il a été sauvé, car il dégage un charme inégalable, même si on ne s’y bouscule pas en semaine. Franck Villeneuve, poissonnier depuis quinze ans, ne laisserait sa place pour rien au monde : . Le manque de vocations pour son métier ne l’inquiète pas trop , souligne le jeune homme.
Pour mieux répondre à la demande de la clientèle et éviter la désaffection des étals en semaine, la ville de Paris ouvre depuis sept ans des marchés l’après-midi. Si celui de Bercy a du mal à s’imposer, Baudoyer, en revanche, situé près de la rue de Rivoli, fonctionne très bien. Place de la Bourse, le pari lancé en 2004 semble aussi gagné. Aujourd’hui l’oseille n’est plus au Palais Brongniart, mais sur les étals situés en face. Chaque mardi et vendredi dix huit commerçants les animent de 12h30 à 20h. Ils ont la cote auprès des habitants du II ème arrondissement, qui étaient jusque là privés de marché. Le poissonnier n’hésite pas à faire deux cents kilomètres pour venir de Dieppe : . Le jeune homme au grand tablier blanc aimerait d’ailleurs bien trouver un autre marché de ce type le mercredi. Avis aux gestionnaires… A côté, Bechir, marchand de légumes de grande qualité depuis trente ans ne regrette pas non plus d’avoir délaissé les marchés de l’Essonne pour venir à la Bourse : et de montrer une salade défraîchie après quelques heures d’exposition . Dans ce quartier de bureaux, les clients viennent surtout à la pause de midi et les habitants à partir de 18h, mais peu d’employés repartent les bras chargés de produits frais dans les transports en commun : , note une jeune femme. Pourtant ce marché fonctionne et tout le monde y trouve son compte.

*Ouverture et horaires des marchés parisiens sur le site : www.paris.fr

 
Photo N Schiffmacher
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