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A contre-tendance
La Maison du kilt habille les Celtes


Au yeux des femmes, Richard Duclos déshabille les hommes. Aux nôtres il les habille de beaux tartans en provenance d’Ecosse, la patrie du kilt et berceau de la celtitude.

Christian Rol

Le regard clair et le cheveu blond signent l’appartenance de Richard Duclos à la grande patrie celte qui s’étend depuis l’Europe – dont la Bretagne – jusqu’à l’Australie en passant par l’Amérique. Mais la caractéristique intéressante de ce Breton à la tête d’une entreprise de BTP est bel et bien sa volonté et l’originalité de sa démarche: avoir créé de toutes pièces un kilt breton et le commercialiser à l’ombre de la Tour Montparnasse. «Au cours d’un premier voyage en Écosse il y a une dizaine d’années j’ai tenu absolument à m’acheter un kilt. Ce que j’ai fait. J’ai arpenté les Highlands dans cette tenue et quand je suis revenu en France, je me suis dit que je devais adapter ce tartan (tissus écossais) à la culture bretonne; car, même si le kilt ne s’ancre pas historiquement en Bretagne, il est pour moi un prolongement naturel de ce néo-celtisme né dans les années 60. Cela dit, je ne me cache pas le côté artificiel, voire même le «révisionnisme» de la démarche; mais pas plus qu’en Irlande où le kilt est arrivé via les immigrants partis pour l’Amérique et revenus au pays.»
La belle honnêteté de Richard coupe l’herbe sous les pieds des pinailleurs qui voudraient le taxer d’opportunisme (bien que son kilt soit très prisé parmi la diaspora bretonne dans le monde et en Bretagne, il ne cache pas que le Bâtiment est une valeur plus sûre). «Ma démarche est égoïste mais elle est aussi désintéressée. Le kilt que j’ai dessiné est ma contribution à la culture bretonne, c’est-à-dire mes racines. Et il me survivra.» Ce succès commercial repose également sur l’indéniable qualité du produit qui convertirait n’importe quel Auvergnat (Celte également) au port de ce tissu capiteux en provenance du nord de l’Écosse où se concentrent les grossistes en tissus. Bien sûr la Celte attitude a un prix (c’est du sur-mesure) et ne se résume pas au seul kilt quand les accessoires s’imposent à la tradition. Le petit poignard porté dans la chaussette, le «sporan», la bourse à porter sur le devant, le gilet, la veste, les chaussettes, les grosses chaussures et quelques autres détails font grimper l’addition au-delà des 1000 Euros. Mais c’est le prix de l’exclusivité car tout est dessiné, «bretonnisé», «customisé» dans le goût le plus sûr. La clientèle est composée à 70% de Bretons (y compris ceux vivant à l’étranger) et s’élargit aux autres Français qui se reconnaissent des origines celtes. Pour les jeunes femmes, de ravissants minis kilts dévoileront également les vertus de cette culture qu’il ne faudrait surtout pas confondre avec un quelconque folklore. En prime, la passion communicative de Richard.

12, rue du Maine 75014 Paris
Accès : Edgar Quinet, Montparnasse
Tèl : 01 40 47 74 05
Mail : www.tartanbreton.com
 
photo N. Schiffmacher
photo N. Schiffmacher

Richard Duclos (photo N. Schiffmacher)
Richard Duclos (photo N. Schiffmacher)

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