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MON INCRUSTE A L'AVANT-PREMIERE DE JEAN DE LA FONTAINE, LE DEFI, AVEC…
Avec SARA FORESTIER


Le 18 avril sort Jean de La Fontaine, le défi. C'est à l'occasion de l'avant-première du film que j'ai rencontré la plus prometteuse des jeunes talents du cinéma français : Sara Forestier.

Annabelle Milot

Est-ce que tu appréhendes les avant-premières de tes films ?
Non, parce que le film est fait. Qu'il plaise ou pas, on ne peut malheureusement plus rien y faire, il ne nous appartient plus. Lors d'une avant-première, je suis surtout impatiente d'entendre la réaction du public sur telle ou telle scène.

Tu joues le rôle de Perrette dans le film (référence au personnage de Perrette dans La Laitière et le pot au lait). Historiquement, ce personnage a-t-il réellement existé dans la vie de La Fontaine ?
Je ne sais pas si une Perrette a existé, mais il y a certainement eu des Perrette, et mon personnage symbolise toutes les Perrette que La Fontaine a pu croiser tout au long de sa vie.

As-tu des points communs avec le personnage de Perrette ?
L'énergie, c'est sûr. Et puis ses rêves… Elle a des rêves très matériels, c'est vrai, mais elle a de l'espoir et ça se voit dans ses yeux. Moi aussi j'ai de l'espoir et j'espère que j'en aurai toujours.

J'ai entendu dire que sur le tournage, tu avais une façon bien particulière d'aborder les scènes !
Oui… Avant de tourner, je faisais beaucoup de mouvements avec mes bras et je poussais des cris, ce qui me permettait de rester dans une énergie forte. Le cri, c'est une extériorisation, on ne reste pas figé. Le fait de crier avant la prise me permettait de rester en mouvement. Du coup, lorsque je commençais une nouvelle scène, je n'avais pas l'impression de m'être arrêtée un long moment entre les prises. Le réalisateur Daniel Vigne m'a dit que ces cris étaient une pratique très courante dans les arts martiaux, je ne le savais pas.

Le film prouve qu'au XVIIe siècle, politique et culture étaient étroitement liées. Qu'en est-il aujourd'hui ?
je pense que les choses n'ont pas changé. Il n'y a qu'à voir la campagne présidentielle, les "sponsors officiels" des candidats sont les artistes, mais je trouve ça bien que les artistes prennent position. Notre vision du monde a le droit de dépasser nos œuvres artistiques. Pour moi un artiste est un individu qui a des idées. Alors, qu'il les exprime à travers son travail comme dans sa vie de tous les jours, pourquoi pas… Moi je suis pour les artistes qui prennent position !

Ta fable préférée ?
Pour être sincère, je ne les ai pas toutes lues. Je dois en connaître une bonne dizaine… Ma préférée, c'est La cigale et la fourmi, parce que c'est celle que je connais le plus, et c'est aussi celle que j'ai adaptée lorsque j'étais plus jeune pour un exercice à l'école primaire. J'avais écrit : Le daim et le garde forestier. Ça commençait comme ça : le daim ayant gambadé tout l'été se trouva fort ennuyé quand la chasse fut avancée… C'était une fable écolo, j'avais eu beaucoup de facilité à l'écrire, sûrement grâce à la Fontaine dont le style est très proche du peuple. Molière est beaucoup plus dur à adapter, heureusement qu'on ne me l'avait pas demandé. Pour l'anecdote, mon père avait été très touché que j'intègre son nom de famille à cet exercice : Le daim et le garde Forestier !...

À la façon de la Fontaine, pourrais-tu caricaturer en un animal tes partenaires de jeu dans le film ?
Lorànt Deutsch : Un mutant genre caméléon-renard. Car il est vif et rusé comme le renard, et prend des risques dans ces choix de rôle, se modèle comme un caméléon.

Philippe Torreton : Un éléphant. Car on sent toute son expérience. Il dégage une espèce de force calme, une sérénité et une grande classe. J'aime son jeu toujours juste, sobre et à la fois très plein, très incarné, jamais fade. C'est un acteur que j'aime vraiment beaucoup.

Jean-Claude Dreyfus: Un chat. Car il a cette gentillesse, ce côté bon compagnon. Mais aussi pour son côté félin que l'on devine, sa prestance, sa voix noble et profonde.

Et Armelle ?
Une biche. Car elle en a l'élégance et la malice. Elle dégage une féminité, une grâce qui n'appartient qu'à elle. En plus de tout cela, elle a bien évidement une intelligence comique que tout le monde lui connaît, mais bon ça, je ne sais pas si ça a rapport avec les biches. Parce que je n'ai encore jamais rencontré de biche qui faisait des blagues!

Dis-moi, ça ne t'ennuie pas si je m'installe à côté de toi dans la salle, j'aime bien être placée sur les rangs VIP !...
??? Pourquoi pas !...

Préférences
- Ton théâtre: Le Trévise, 14, rue Trévise, IXe
- Ton livre préféré : Antigone de Jean Anouilh. «L'entièreté de cette femme m'a fascinée. Plus jeune, à l'école, on me disait de mettre de l'eau dans mon vin, mais en me faisant lire Antigone, c'est comme si on me disait le contraire.»
- Ton réalisateur: Abdellatif Kechiche
- Ta brasserie : Le café des Associés, place de la Bastille, côté gare de Lyon. «J'y suis tout le temps.»
- Ton quartier: La Bastille


Signes particuliers
- César du meilleur espoir féminin 2005 pour L'Esquive o A réalisé trois courts-métrages
- A des projets théâtre pour la rentrée o Habite à la Bastille
- Spontanée
- Elle fera partie du jury jeune lors du prochain festival de Cannes qui aura lieu du 16 au 27 mai.

 








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