L’art pour tous

ART OFFICE

Cigale Mag n° 40
Septembre 2011


©DR
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L’ingéniosité n’attend pas le nombre des années. Vincent Emié, juriste de 28 ans vient de lancer Art Office, une entreprise qui propose de louer des tableaux à des particuliers et à des entreprises. Un marché juteux pour les uns et les autres puisque les œuvres d’art sont défiscalisées.


Cigale : Quand avez-vous lancé Art Office ?
Vincent Emié :
Art Office existe depuis mai dernier et se base sur la loi Raffarin de 2002 qui permet de déduire 60 % du prix d’acquisition d’oeuvres originales d’artistes vivants. Un concept intéressant aussi pour les particuliers puisque les œuvres d’art ne sont pas prises en compte dans l’imposition de l’ISF.

Cigale : Quelles sont les œuvres que vous proposez ?
VE : Nous proposons des artistes cotés mais pas forcément connus. Nos clients souhaitent souvent des œuvres en phase avec l’image de leur entreprise. Ils peuvent aussi suggérer un thème à l’artiste pour qu’il l’exécute. Ainsi, une entreprise spécialisée dans l’emballage médical a demandé à un artiste une oeuvre représentant le travail du papier. Nos prestations sont très souples. Nous avons un échantillon très large de toiles, mais aussi de sculptures, qui vont du contemporain au classique.

Cigale : Quels artistes proposez-vous ?
VE :
Grâce au réseau Facebook, nous avons sélectionné huit artistes âgés de 25 à 69 ans, dont Carol Bathelier, qui travaille sur le mouvement, comme les courses hippiques, mais également Jacques Monestier, un sculpteur d’automates qui fait des merveilles. Ils sont ravis de notre initiative et nous font confiance. Nous sous-louons leurs oeuvres pour les proposer à nos clients, mais si une toile fait plus de huit mètres, nous l’achetons.

Cigale : Quels sont vos clients ?
VE :
Nous avons des cabinets d’avocats, de radiologie. Les patients peuvent ainsi faire la connaissance d’un artiste en attendant leur tour dans la salle d’attente. Des hôtels sont également intéressés par notre concept. 

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Cigale : Comment se déroule lalocation des œuvres ?
VE :
Nos clients louent les toiles pour huit mois. S’ils le souhaitent, ils peuvent aussi changer d’artistes régulièrement.

Cigale : Le tarif ?
VE
: Le montant des loyers est calculé en fonction de la valeur des œuvres mais aussi du nombre de renouvellement. Actuellement un cabinet d’avocat loue 6 ou 7 toiles pour 380€ par mois.

Cigale : Pourquoi avez-vous eu l’idée d’abandonner votre tout nouveau métier de juriste pour vous lancer dans les oeuvres d’art ?
VE :
Après des études de droit et d’histoire de l’art je voulais être commissaire-priseur, mais ce métier était à mon goût trop formaté et réglementé. Je voulais trouver un concept qui me permette de conjuguer mon goût pour les œuvres d’art et un métier passionnant.
Aujourd’hui l’art est sous-estimé en France. Dans les années 30, 80 % des œuvres d’art se vendaient dans l’Hexagone, on est tombé actuellement à 5 % et essentiellement à Drouot qui est une institution. Le problème c’est qu’on fait la part belle à l’art ancien et non aux œuvres contemporaines. Tout cela parce qu’un jeune artiste n’a pas encore de cote et n’est pas passé par les enchères publiques. Le commissaire-priseur ne souhaite donc pas prendre de risques. Le problème de l’art contemporain c’est qu’il est toujours sous-évalué. Il ne faut pas s’étonner que les artistes français s’expatrient. Avec notre système de prêt nous souhaitons redonner à l’art contemporain ses lettres de noblesse.

Art Office
Tél : 01 43 06 08 93

contact@artoffice.fr
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Françoise Lemoine




  

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